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Dites non aux nouvelles conditions pour l’effarouchement des ours dans les Pyrénées

Publié le 23 juin 2026

Le ministère de la Transition écologique a ouvert jusqu’au 29 juin 2026 une consultation publique sur un projet d’arrêté modifiant les modalités d’effarouchement de l’Ours brun dans les Pyrénées. Les dispositions envisagées s’avèrent dangereuses pour l’ours mais aussi pour les personnes réalisant les effarouchements ainsi que d’autres usager·es de la montagne. On vous explique pourquoi nous avons besoin de vous pour s’opposer à ces dispositions.

Pourquoi faut-il se mobiliser contre ce projet ?

Rappelons que la population d’ours dans les Pyrénées, bien qu’elle s’accroisse lentement, reste fragile (retrouvez ici l’histoire du sauvetage de l’ours). Aujourd’hui, 108 ours sont détectés dans les Pyrénées. Malgré cette augmentation, les dégâts aux troupeaux et aux ruchers restent stables et il est établi que les moyens de protection (chiens de protection, présence humaine, clôture et regroupement nocturne) sont efficaces pour prévenir et réduire les dégâts. Il n’est donc pas nécessaire de mettre en place des moyens disproportionnés pour effaroucher les ours, ce que prévoit pourtant les nouvelles dispositions.

Cette généralisation des tirs d’effarouchement risque d’habituer l’ours et de faire perdre en efficacité cette mesure dissuasive, qu’il ne faut utiliser qu’en dernier recours. En effet, les tirs avec des cartouches sonores étaient réservés aux agent·es de l’Office français de la biodiversité, ils seraient dorénavant autorisés pour les lieutenants de louveterie, les éleveur·euses et leurs berger·es, les membres d’un groupement pastoral.

Même s’il est précisé qu’il faut en faire usage uniquement lorsque l’ours se dirige sans ambiguïté vers le troupeau dans une attitude de prédation, il est certain que les opérateurs seront tentés de faire feu, même si l’ours ne faisait que passer.

Ces cartouches sonores présentant un danger pour l’ours et les opérateurs, les dispositions prévoient que les tireurs suivent obligatoirement une formation dispensée par l’OFB. Or, vu la liste des personnes habilitées à intervenir, l’OFB sera dans l’impossibilité matérielle de former toutes ces personnes avant l’entrée en vigueur de l’arrêté.

De plus, les dispositions ne prévoient aucune restriction du nombre de tireurs pouvant être présents à la fois sur un troupeau. Ceci entraîne un risque pour les personnes présentes et les usager·es de la montagne, mais aussi pour l’ours.

Enfin, l’ours étant une espèce protégée, les éleveur·euses doivent disposer d’une autorisation pour pouvoir les effaroucher. Or, le projet d’arrêté prévoit que l’éleveur·euse peut autoriser son ou ses berger·es à réaliser les tirs, ce qui est strictement interdit, l’autorisation étant nominative et incessible. Cette disposition est purement illégale. Les conditions de cette désignation n’étant pas précisées, il sera impossible aux agent·es de l’OFB de vérifier que le ou les berger·es ont effectivement été désigné·es par l’éleveur·euse.

 

Comment participer à la consultation ?

Rendez-vous avant le 29 juin 2026 sur la page de la consultation pour avoir plus d’informations et postez votre commentaire en cliquant sur « Déposer votre commentaire ». Il est important d’indiquer « avis défavorable » dans le titre, et de personnalisez votre réponse en ne faisant pas un simple copier-coller des arguments proposés ci-après, pour que votre réponse soit bien comptabilisée lors de la synthèse de la consultation.

Attention, le site du ministère est souvent surchargé : nous vous conseillons de rédiger votre contribution à l’avance, hors ligne, afin de ne pas perdre votre texte en cas de blocage du site web, et de réessayer ultérieurement.

 

Que dire ?

Nous vous invitons à répondre à la consultation en donnant un avis défavorable à ce projet d’arrêté. Voici quelques arguments que vous pouvez utiliser :

  •  L’avis du Conseil national de protection de la nature, instance composée de scientifiques et de spécialistes de la gestion et de la protection de la faune et de la flore sauvages et chargée de rendre un avis au ministre en charge de la protection de la nature n’a pas été joint à la consultation. Or, cet avis aurait permis d’éclairer utilement les citoyen·nes quant aux effets de ces nouvelles dispositions sur l’ours brun et leur efficacité pour faire baisser la prédation.

  • Les dispositions entraînent une généralisation des tirs d’effarouchement ce qui induit un risque d’habituation de l’ours. Cela vient également légitimer la détention d’armes dans les estives, dans des conditions, de fait, peu contrôlables.
  • La liste des personnes habilitées à procéder aux tirs d’effarouchements sonores est particulièrement longue et leurs conditions de désignation peu claire. Ceci ne permet pas à l’Office français de la biodiversité de mener des opérations de contrôle pour vérifier la légitimité de la présence d’une personne armée auprès d’un troupeau.
  • L’Office français de la biodiversité sera dans l’incapacité matérielle de dispenser à tous ces tireurs la formation obligatoire prévue, et ce d’autant plus, que l’arrêté entrera en vigueur alors que les troupeaux sont déjà en estive.
  • Comment sera-t-il possible aux agent·es de l’OFB de dispenser à la fois la formation obligatoire et de contrôler que les armes détenues sur les estives le sont dans le respect du cadre réglementaire prévu dans ce projet d’arrêté ?
  • Il est particulièrement problématique qu’aucune restriction numérique du nombre de tireurs pouvant être présents à la fois sur un troupeau ne soitprévue. Ceci pose la question de la sécurité des tireurs, des personnes chargées d’éclairer la cible et des autres usager·es de la montagne qui vont faire face à de nombreux porteurs de fusils. Cela est également problématique pour l’ours, qui sera confronté à un nombre disproportionné de tireurs ; le projet d’arrêté ne précisant pas non plus si des tirs simultanés sont possibles ou pas, ou s’il est prévu une coordination entre tireurs.
  • La dérogation étant nominative et incessible, le projet d’arrêté ne peut pas prévoir que l’éleveur·euse titulaire d’une dérogation autorise son ou ses éleveur·euses à procéder aux tirs d’effarouchement. Cette disposition est manifestement illégale.

Voir la page de la consultation 

Allons plus loin : PARTAGEZ LA MOBILISATION !

Plus nous serons nombreux·ses à nous exprimer contre ce décret qui amoindrit la protection de l’ours tout en n’améliorant pas la coexistence avec l’espèce, plus nous aurons de chance d’être entendu.es. N’hésitez pas à mobiliser votre entourage : bouche à oreille, courriel, partage sur les réseaux sociaux… Nous avons jusqu’au 29 juin 2026 pour faire pencher la balance !

 

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