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Gestion de l’eau : appel à la raison et au dialogue

Publié le 7 août 2026 par France Nature Environnement Pays de la Loire

Actualité du mouvement FNE

L’agriculture a besoin d’eau, mais elle n’est pas la seule. Les difficultés et la détresse auxquelles les agriculteurs et agricultrices doivent faire face aujourd’hui sont terribles, et nous regrettons amèrement le manque d’anticipation et le rejet des données scientifiques qui ont participé à cette situation. 

 

Limiter les dérogations  

La FRSEA et les JA des Pays de la Loire ont demandé au préfet des assouplissements quant à l’application de plusieurs réglementations (restrictions sécheresse, programme d’actions nitrates, PAC…). Pour nous, il n’est pas envisageable qu’un seul usage puisse bénéficier de dérogations unilatérales, décidées au cœur de la crise, sans prise en compte des autres usages et du milieu naturel, et sans évaluation environnementale de leurs conséquences. La situation est tendue en Pays de la Loire, le soutien d’étiage des barrages sur la Loire a été revu à la baisse, les assecs sur les cours d’eau n’ont jamais été aussi nombreux, le risque incendie reste présent sur notre territoire et l’alimentation en eau potable est incertaine pour la fin de l’été. La sobriété et la solidarité sont indispensables. Les milieux sont déjà en souffrance, nos captages pour l’eau potable sont déjà pollués et des dérogations aux normes environnementales sur les pollutions diffuses ne feront qu’empirer la situation. 


 

Reconnaître et avancer

Il est grand temps de se remettre autour de la table, et de décider collectivement quelles seront nos priorités dans la gestion de l’eau actuelle et à venir, impactée par le changement climatique. Cela fait plus de deux ans que les représentants agricoles majoritaires viennent freiner les études HMUC (hydrologie, milieux, usages, climat), demandant régulièrement des moratoires ou des compléments retardant leurs conclusions. Pourtant, ces études ont justement pour objectif de définir les volumes en eau disponibles pour tous les usages anthropiques en présence, dans le respect des besoins des milieux naturels et dans une perspective du changement climatique. Les conclusions de ces études, en cas de déséquilibre entre la ressource disponible en période estivale et les besoins en présence, visent à ouvrir les réflexions pour décider collectivement des priorités d’usage, des adaptations et changements de pratiques et, éventuellement, d’une forme de stockage. 


 

Se remettre autour de la table

Nous appelons à un retour des discussions sur le partage de l’eau, au sein des instances dédiées, et à ce que les leçons de l’été 2026 soient tirées pour adapter nos systèmes aux conséquences du changement climatique. Il n’y a pas de solution miracle et seule l’intelligence collective permettra une sortie par le haut. Un sentiment grandissant d’accaparement d’une ressource collective par un usage, aussi nécessaire soit-il, au détriment des autres commence à apparaître et risque de nous diviser. Nous demandons donc au préfet de ne pas céder aux demandes toujours plus lourdes de conséquences formulées par la FRSEA et les JA