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La pollution lumineuse et ses impacts

Publié le 19 juin 2026 par France Nature Environnement Tarn-et-Garonne

Actualité du mouvement FNE

Aujourd’hui, plus d’un tiers de l’humanité n’a plus accès à un ciel d’assez bonne qualité pour pouvoir observer la Voie lactée.

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Qu’est ce que la Pollution lumineuse ?

La pollution lumineuse, c’est la lumière artificielle émise en excès et perturbant l’obscurité naturelle, affectant les écosystèmes, la santé humaine et la visibilité du ciel étoilé. A ce titre, c’est aujourd’hui un sujet d’importance d’autant plus que ses effets sont insidieux tant sur la biodiversité que sur notre propre santé.

Le jour et la nuit, un cercle vertueux

La nuit n’est pas seulement un temps de repos pour les humains : elle représente aussi un espace vital pour la biodiversité et un patrimoine commun à toute l’humanité, celui du ciel étoilé. Aujourd’hui, 70% des espèces de mammifères sont nocturnes ou ont des activités nocturnes. Beaucoup d’espèces d’insectes sont également actives la nuit. Les plantes ont besoin de la nuit pour réguler plusieurs de leurs fonctions vitales. Un sommeil réparateur nécessite d’être dans le noir le plus total possible. En bref, l’obscurité est aussi importante que la lumière, la nuit est aussi importante que le jour.

Les différentes forme de pollution lumineuse

La pollution lumineuse, ce n’est pas “que” les lampadaires d’une ville, même si à l’origine, d’après l’Association Nationale pour la Protection du Ciel et de l’Environnement Nocturne (ANPCEN), le nombre de points lumineux liés à l’éclairage public a augmenté de 89 % entre 1992 et 2012, engendrant une hausse de 94 % de la lumière émise la nuit. Parallèlement, les durées d’éclairage annuel ont fortement augmenté, passant de de 2 100 à 3 500 heures entre 1992 et 2005. 
La pollution lumineuse, c’est aussi la mise en valeur nocturne des monuments, les enseignes et publicités lumineuses, les vitrines de magasins, les bureaux allumés en permanence, les éclairages domestiques ou de jardins, les véhicules en circulation, etc… L’ensemble de ces éléments contribuent à la génération d’un “halo” lumineux permanent au-dessus des villes. 

N’avez vous jamais remarqué comment on peut savoir qu’on s’approche d’une ville ? On voit son halo de pollution lumineuse bien avant d’y être arrivé.  

Les impacts de la pollution lumineuse sur la biodiversité et la santé humaine

La pollution lumineuse a divers effets néfastes sur les plantes. Les plantes dépendent du cycle jour-nuit, la photopériode, pour régler plusieurs fonctions vitales telles que la floraison, la fructification ou encore la chute de leurs feuilles.

Une plante surexposée à la lumière, même pendant la nuit, croit qu’elle est encore en plein jour. Cela va entraîner des effets comme un retardement ou une précocité de la floraison et donc par conséquent de la fructification. Les plantes trop exposées à la lumière ont également tendance à faire tomber leur feuilles beaucoup plus tard, ce qui entraîne une dépense énergétique plus importante pour la plante et une vulnérabilité accrue aux premières gelées. Les plantes étant à la base de la chaîne alimentaire, les perturber va également avoir une conséquence sur l’ensemble de la chaîne alimentaire du milieu, à commencer par les herbivores.

La faune est fortement touchée par la pollution lumineuse et cela quelles que soient les espèces.

Les oiseaux sont particulièrement perturbés lors de leur migration. Beaucoup d’espèces migrent pendant la nuit et utilisent la lumière et la position des astres, comme la lune ou les étoiles, pour s’orienter. Les points lumineux due à la pollution lumineuse viennent perturber leur repère, et les individus peuvent se perdre ou bien s’épuiser à voler dans une mauvaise direction. Cela peut même entraîner des collisions avec des bâtiments éclairés. Il y a alors un impact direct sur la réussite ou l’échec de la migration, échec étant souvent synonyme de mort de l’individu.

La lumière agit parfois comme un véritable “mur invisible” pour certaines espèces, qui ne peuvent tout simplement pas le franchir. La lumière est donc un obstacle pouvant entraver certains déplacements comme la recherche alimentaire ou le déplacement pour trouver un partenaire sexuel. C’est notamment le cas pour certaines espèces de chauves-souris, dont un grand nombre sont aujourd’hui des espèces menacées.

A contrario, la lumière peut être également une source d’attraction irrésistible pour certaines espèces et la source lumineuse devient alors un piège mortel. C’est notamment le cas pour un grand nombre d’espèces d’insectes nocturnes. Ces derniers sont attirés par la source lumineuse et volent autour jusqu’à en mourir d’épuisement. Ils deviennent également des proies faciles pour d’autres prédateurs. L’effet est pervers à double titre, car beaucoup d’espèces d’insectes nocturnes contribuent à la pollinisation des plantes pendant la nuit. Les individus meurent et ne remplissent pas leur fonction, ce qui a un double impact sur les plantes. La pollution lumineuse agit également de façon très alarmante sur les tortues marines. Ces dernières pondent sur les plages. A l’éclosion, les petits se dirigent vers la mer grâce au reflet de la lune et des étoiles sur l’eau. Mais en présence de pollution lumineuse, les petits sont attirés vers la terre, ce qui entraîne leur mort.

Les amphibiens sont également perturbés par la pollution lumineuse car l’obscurité est pour eux un signal leur permettant de débuter certaines actions comme par exemple les comportements de chant pour la reproduction. Ainsi la pollution lumineuse modifie leur chant et peut réduire la durée de leur vocalise, perturbant leur reproduction. Les amphibiens sont, à l’instar des chauves-souris, des espèces en forte régression.

Mais la pollution lumineuse a également des impacts sur notre propre espèce, ce qui est un comble quand on sait que nous en sommes à l’origine.

La lumière, et particulièrement la lumière bleue (froide) peut perturber la production de mélatonine, l’hormone responsable de notre sommeil. Perturber cette production va entraîner des difficultés à s’endormir, un sommeil de moins bonne qualité, moins long et avec de potentiels réveils en pleine nuit. Or lorsque l’on dort, notre corps en profite pour se régénérer, rendant cette étape indispensable au bon fonctionnement de notre organisme.

Les personnes dormant peu ou mal voient souvent divers effets. Les premiers à apparaître sont souvent liés à l’état de santé psychique ou psychologique : fatigue, irritabilité, stress, difficulté à se concentrer, moins bonne capacité de réflexion et de mémoire.

Mais dans des cas plus complexes, c’est le fonctionnement d’autres hormones du corps qui peut être également perturbé, entraînant des problèmes de santé variés.

Comment agir à la fois pour la biodiversité mais aussi pour notre propre santé ?

Pour commencer vous pouvez agir chez vous

L’un des premiers éléments à avoir en tête est le suivant : éclairer moins, c’est mieux

En effet, si vous avez des lumières individuelles dans votre jardin (lumière de sécurité, éclairage nocturne etc…) veillez à ce qu’ils ne fonctionnent que lorsque c’est nécessaire. Il n’y a rien de pire qu’une lampe allumée pour rien. N’hésitez pas à choisir des modèles équipés de détecteur de mouvements par exemple.
Si vous avez des lampes de jardin solaires, enlevez-les, c’est peut-être l’une des pires idées possible à avoir dans son jardin. Vous pouvez peut-être penser que leur lumière est tellement faible que cela ne peut pas avoir un impact, et bien pourtant c’est le cas. La lumière de la pleine lune est parfois déjà trop importante pour certaines espèces sensibles à la lumière

Si éclairer moins, c’est le mieux, il faut bien être conscient qu’ éclairer reste parfois nécessaire. Dans ce cas il faut éclairer mais correctement. La position de la source lumineuse est déterminante pour causer le moins de pollution possible que ce soit pour vous, pour la biodiversité mais également pour votre voisinage, que vous pourriez parfois éclairer “sans le faire exprès”.

Pour éclairer correctement, faites en sorte que la source lumineuse soit dirigée vers le bas et parallèlement au sol. Essayez également de faire en sorte de placer votre éclairage de façon à ce qu’il n’éclaire pas de plantes, car cela a une conséquence à la fois pour elles et pour la petite faune qui pourrait s’y abriter.

Pour préserver votre santé et la qualité de votre sommeil, voici quelques conseils : 

  • Stoppez l’utilisation de votre téléphone ou de votre ordinateur 1 à 2h avant d’aller vous coucher, afin de permettre à votre organisme de commencer la production de mélatonine.

  • Si votre chambre est proche d’un lampadaire, fermez bien les volets ou installez des rideaux occultant afin de faire au maximum le noir complet dans votre chambre.

  • Enfin, vous pouvez également agir plus largement en restant vigilant, notamment sur les éclairages des enseignes, ou des parkings.

Les lumières des enseignes ou des parkings doivent être éteintes de 1h à 7h du matin sauf si l’activité de l’établissement est nocturne. Dans ce cas, il doit être éteint 1h après la fin de l’activité. Mais certaines collectivités peuvent avoir des règles plus strictes. C’est notamment le cas de Montauban, qui impose une extinction à 23h.

Si vous remarquez un commerce qui déroge à ces règles sur votre territoire, vous pouvez vous rapprocher d’une association comme France Nature Environnement pour témoigner. Cette dernière ira constater votre témoignage et pourra prévenir la collectivité, car c’est au maire de faire respecter la loi en matière de pollution lumineuse.

Pollution lumineuse : la Justice condamne la mairie de Toulouse pour son inaction

Les nuisances lumineuses sont désormais connues de tou.te.s et encadrées depuis plus de 10 ans par une réglementation interdisant l’éclairage nocturne (notamment entre 1h et 7h) des commerces. Il relève de la compétence du Maire de veiller à ce que ces règles soient appliquées au vu des impacts de cette pollution (gaspillage économique, impacts sur la santé et la biodiversité). Par un jugement du 19/05/2026, le tribunal administratif adopte la première décision française qui contraint une commune à respecter cette réglementation. 

En savoir plus sur le site de FNE Occitanie Pyrénées

Le mini guide de FNE Occitanie Méditérannées

FNE OM a réalisé un mini-guide sur la pollution lumineuse qui présente en quelques lignes et quelques dessins :

  • les enjeux de la pollution lumineuse (perte du ciel nocturne, impact sur le vivant, gaspillage énergétique)
  • la Trame noire
  • la règlementation
  • et quelques pistes pour agir…

Consulter le mini guide sur la pollution lumineuse

Sources

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