Des données parfois fantaisistes et invérifiables

L’administration est censée se baser sur « des éléments chiffrés et des données techniques significatives, fiables et probantes » pour effectuer le classement. Mais en pratique, faute de temps et de compétences pour recueillir les données sur les dégâts, elle délègue très souvent la tâche aux représentants agricoles et de la chasse.

Or, contrairement aux dégâts de grands ongulés (cerf, chevreuil, sanglier), qui sont indemnisés et font l’objet d’une expertise par des agents indépendants, aucune règle n’encadre le recueil et le chiffrage des données de dégâts ESOD du groupe 2 : ces données reposent uniquement sur des déclarations individuelles.

Très souvent, l’espèce n’est pas identifiée formellement car le dégât est constaté a posteriori. Faute de barème officiel, le montant chiffré est une estimation. De plus, les collecteurs de données (chasseurs, piégeurs et agriculteurs) sont à la fois juge et partie. Dans ces conditions, il arrive que les données soient peu fiables et les montants de dégâts très largement surestimés.