Les EnR ne coûtent pas 100 milliards d’euros par an

Contrairement aux idées reçues, les subventions publiques aux EnR électriques ne coûtent pas 100 milliards d’euros par an à l’État. En 2025, le soutien public aux EnR électriques était de 6,2 milliards d’euros d’après la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE), avec un plafond prévu à 9 milliards en 2028, avant de diminuer ensuite. La CRE estime à environ 50 Mds€ d’ici 2060 le soutien public nécessaire aux EnR pour l’atteinte des objectifs de la France.

À titre de comparaison :

  • Les énergies fossiles importées coûtent plus de 60 milliards d’euros par an à la France (hors subventions implicites, voir ci-dessous), et ont coûté jusqu’à 120 milliards en 2022 lors de la crise énergétique. En 2019, ce sont 4,6 milliards d’euros d’importations en énergies fossiles qui ont été évités dans les secteurs de la chaleur et des transports grâce aux EnR.
  • Les énergies fossiles bénéficient de subventions implicites : les carburants d’aviation et maritimes sont exonérés de plusieurs taxes (TICPE et TVA), des taux réduits sont appliqués pour les poids lourds, pour le gazole non routier, et pour le gazole routier par rapport à l’essence. Ce qui représente en 2019 une niche fiscale d’une dizaine de milliards d’euros (I4CE, 2019).
  • Le nucléaire, quant à lui, a bénéficié de plus de 100 milliards d’euros de subventions historiques (Cour des Comptes, 2023) pour son développement et son maintien. Ces montants n’incluent pas les coûts cachés (ex : gestion des déchets, assurances). Et les nouveaux réacteurs nucléaires prévus par le gouvernement (6 EPR2), ne trouvant pas d’investisseur privé aux vues des risques financiers importants liés à cette technologie, seront financés à partir de l’épargne des Français.es en ponctionnant dans l’épargne des Français.es (livret A, LDD et LDDS). La facture des 6 EPR, loin des 73 milliards initialement annoncés par EDF, pourrait plutôt s’approcher des 250 milliards d’euros (Alternatives Économiques, mars 2026).