Un mix diversifié est plus résilient face aux aléas climatiques
Un mix avec davantage d’EnR est plus résilient face aux aléas (canicules, sécheresses, submersion marine, pannes de réacteurs) et réduit la dépendance aux importations d’uranium.
En période de canicule ou de sécheresse, les réacteurs nucléaires peuvent rencontrer des difficultés majeures :
- Risque de réchauffement des cours d’eau : les centrales nucléaires nécessitent un refroidissement constant, souvent assuré par des fleuves, rivières. En cas de sécheresse ou de canicule, le débit des cours d’eau diminue et leur température augmente. Les règles de sûreté imposent alors de réduire la puissance des réacteurs, voire de les arrêter, pour éviter de réchauffer davantage les milieux aquatiques et de respecter les seuils réglementaires de température de rejet.
- Risque de pénurie d’eau : certaines centrales dépendent de l’eau pour leur refroidissement. Une sécheresse prolongée peut limiter leur fonctionnement, voire les contraindre à s’arrêter temporairement.
En juin 2026, trois réacteurs ont été mis à l’arrêt en moins d’une semaine en raison des fortes chaleurs : Golfech (Tarn-et-Garonne), Bugey (Ain), et Nogent-sur-Seine (Aube). Ces arrêts visaient à éviter de dépasser les seuils réglementaires de température des cours d’eau (ex : la Garonne ne doit pas dépasser 28 °C après rejet, et l’écart entre l’amont et l’aval de la Seine ne doit pas excéder 3 °C). Ces mesures, bien que protectrices pour l’environnement, ont entraîné une réduction de la production électrique et une hausse des prix de l’électricité, atteignant jusqu’à 280 €/MWh sur les marchés de gros.
Les EnR, en revanche, sont moins affectées par ces aléas :
- L’éolien et le solaire ne dépendent pas de l’eau pour fonctionner. Leur production peut varier selon les conditions météorologiques (ensoleillement, vent), mais elles ne subissent pas de contraintes de refroidissement ou d’approvisionnement en eau.
- L’hydraulique (barrages) peut être impactée par la sécheresse, mais les installations modernes et la gestion des réservoirs permettent souvent de limiter ces effets, contrairement aux centrales nucléaires qui dépendent d’un débit continu.
- La complémentarité des EnR (éolien, solaire, hydraulique, biomasse) permet de compenser les variations de production d’une source par une autre, réduisant ainsi les risques de pénurie globale.
En somme, un mix intégrant davantage d’EnR améliore la résilience du système électrique en diversifiant les sources de production et en limitant les vulnérabilités spécifiques aux centrales nucléaires. Cela contribue également à une meilleure sécurité d’approvisionnement, tout en réduisant la dépendance aux importations d’uranium.