Est-ce que les chats et les vitrages tuent plus d’oiseaux que les éoliennes ?

Trop facile de faire porter la responsabilité du déclin des oiseaux aux seuls chats et aux fenêtres. D’autres activités humaines sont en cause et bien avant l’arrivée des éoliennes : l’agriculture intensive (Rigal et al, 2023), l’artificialisation… Et les éoliennes aussi, quand bien même les chiffres seraient bien moins conséquents (4 à 7 oiseaux par an par éolienne, LPO).

Alors oui, des études américaines affichent des chiffres importants de pertes d’oiseaux et chauves-souris à cause des chats. Mais en France ? Une étude (MNHN, SFEPM, LPO) est en cours pour mesurer l’impact du chat sur la biodiversité. Les premiers résultats montrent que 68 % des proies des chats sont des petits mammifères (musaraignes, mulots, souris, écureuils voire hérisson), 22 % sont des oiseaux (mésanges, merles, rouges-gorges), et 10 % des reptiles.

La filière éolienne doit prendre ses responsabilités. D’abord parce qu’elle est morale : ce n’est pas parce que d’autres font pire que le moindre devient acceptable. Ensuite parce qu’elle est réglementaire : il est interdit de détruire des espèces protégées et les développeurs d’éoliennes sont tenus de présenter une installation de moindre impact. Pour les espèces protégées, et notamment celles les plus vulnérables et sensibles à l’éolien, toute mortalité est une mortalité de trop au vu de l’état des populations.