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Publié le 25 juillet 2016, mis à jour le 9 juillet 2026

En juillet 1976, la loi sur la protection de la nature, souhaitée et impulsée par France Nature Environnement, posait les grands principes du droit français de l’environnement ainsi qu’un cadre juridique complet pour la sauvegarde de la biodiversité. Cinquante ans après, retour sur un texte fondateur et fondamental.

Une lente révolution

Annoncée lors de la conférence sur l’utilisation et la conservation de la biosphère organisée en septembre 1968 à Paris par l’UNESCO, la loi sur la protection de la nature a connu une gestation difficile. Maintes fois promise, notamment en 1970 par Jacques Chaban-Delmas, alors Premier ministre, elle fut maintes fois reportée. En particulier car les ministères « aménageurs », dont l’Agriculture et l’Équipement, refusaient la notion de prise en compte du patrimoine naturel dans les projets d’aménagement.

Le mouvement associatif de protection de la nature, principalement France Nature Environnement - qui s’appelait encore la Fédération française des sociétés de protection de la nature - sous l’impulsion de Michel Brosselin et Jean-Pierre Raffin, va alors se mobiliser pour construire et valoriser un texte innovant et ambitieux. Durant des semaines, les associations vont faire le siège des responsables politiques et des parlementaires qui sont enfin appelés à débattre du texte. Malgré des critères sévères devenues classiques et récurrentes (l’écologie contre l’économie, la mise sous cloche du territoire, etc.), les votes finaux se font à l’unanimité en juin 1976 devant le Sénat puis l’Assemblée.

La loi relative à la protection de la nature promulguée le 10 juillet 1976 et suivie quelques jours plus tard par la loi sur les installations classées pour la protection de l’environnement, engage une véritable révolution législative. Même s’il faudra attendre plus d’un an pour qu’elle soit pleinement opérationnelle puisque les décrets d’application sur les espèces protégées et les études d’impact ne seront publiés qu’à l’automne 1977, la première liste d’espèces protégées le 17 avril 1981.

L’esprit de la loi : un patrimoine commun à préserver dans l’intérêt général

Avec ce texte, la protection des espaces et des ressources naturels, tout comme la préservation des espèces animales et végétales deviennent d’intérêt général. Il est désormais du devoir et de l’intérêt de chacun de sauvegarder le patrimoine naturel, dans la perspective de ce qu’on appellera plus tard le développement durable.

Dans cette optique, la loi met en place l’étude d’impact : concrètement, la réalisation de certains aménagements publics ou privés est dorénavant précédée d’une étude permettant d’en évaluer les conséquences sur l’environnement (paysages, air, eau, sol, milieux naturels, faune, flore) mais aussi sur les populations concernées et la santé publique. Cette évaluation doit permettre d’identifier des mesures pour éviter et réduire les effets négatifs importants et si possible y remédier.

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Biodiversité Biodiversité
dossier loi 1976 bilan
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Des innovations en faveur de la faune et de la flore

Pour assurer la conservation d’espèces sauvages, la loi invente le concept d’espèces protégées. Il est désormais interdit – entre autres - de détruire, de capturer, de naturaliser des animaux ou des végétaux figurant sur des listes nationales ou régionales fixées par arrêtés. Des dérogations à ce statut sont possibles sous certaines conditions extrêmement précises et limitées.

Par ailleurs, les habitats de ces espèces peuvent être protégés par le biais d’arrêtés de protection de biotope, le préfet pouvant instaurer des interdictions permanentes ou temporaires sur des secteurs sensibles.

La loi de 1976 soumet également à autorisation préalable la détention et la commercialisation de certaines espèces, assurant ainsi la mise en œuvre de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore menacées d’extinction (Convention CITES), adoptée en 1973.

Enfin, le texte reconnaît que l’animal est un être sensible qui mérite le respect de son bien-être, notamment lorsqu’il est présenté au public (zoo, etc.). Elle pose ainsi les bases de la réglementation relative à la faune sauvage captive.

Des améliorations pour les milieux naturels et l’action associative

La loi modernise le statut de réserve naturelle mis en place par la loi du 1er juillet 1957 et dont la mise en œuvre fut plutôt laborieuse, avec seulement 36 réserves naturelles créées en 20 ans.

Les nouvelles réserves reposent désormais sur la volonté des collectivités et des propriétaires de protéger un patrimoine naturel et paysager bien identifié, dans le respect des activités traditionnelles compatibles avec le classement en réserve naturelle.

La loi crée également un outil plus souple : les réserves naturelles volontaires (remplacées en 2002 par les réserves naturelles régionales et de Corse).

Il étend aux forêts périurbaines le statut de forêt de protection, réservé jusque-là aux forêts de montagne.

Enfin, la loi renforce l’action associative en mettant en place les notions d’agrément et de participation au dialogue environnemental. Elle élargit également leurs capacités d’interventions contentieuses, notamment en matière civile.

Un héritage à conforter et faire fructifier

Vous l’aurez compris, la loi du 10 juillet 1976 est une loi à l’esprit novateur et cherchant à concilier économie et écologie, qui fait toujours référence.

Cinquante ans plus tard, ses effets positifs sont visibles partout sur notre territoire : des espèces ont été sauvées de l’extinction et d’autres ont pu revenir naturellement sur le sol français ; des espaces ont pu être préservés et continuent de fournir des services écosystémiques irremplaçables. Des associations engagées conduisent chaque jour des actions concrètes d’observation, de préservation, de gestion, de soins à la faune sauvage et de sensibilisation à la nature.

Mais ces résultats restent fragiles et insuffisants pour freiner l’effondrement de la biodiversité.

Car, comme toute loi, la loi du 10 juillet 1976 ne peut pas tout. Les moyens pour l’appliquer, que ce soit en matière d’instruction, d’accompagnement comme de police, sont toujours insuffisants. Le 10 juillet 1986, à l’occasion des dix ans de la loi, Roger Cans écrivait dans Le Monde : « Le patrimoine naturel avait besoin d’une loi. Il ne lui manque plus que des hommes, des crédits et une véritable détermination politique ». Sa remarque reste plus que jamais d’actualité…

L’objectif central de la loi a besoin d’être soutenu par un changement global d’approche et de pratiques, ce qui est toujours (trop) long à obtenir malgré la mise en place de la Stratégie nationale pour la biodiversité et de la politique « Trame verte et bleue » (que le député alsacien Adrien Zeller appelait déjà de ses vœux en 1976 !).

La situation internationale, la morosité actuelle et les nouveaux enjeux de changements climatiques et des espèces exotiques envahissantes poussent malheureusement à céder à la pression d’intérêts catégoriels et à l’individualisme.

Dans ce contexte, les 50 ans de la loi de 1976 sont une incitation à nous nourrir de l’esprit et de l’innovation qui ont habité le législateur de l’époque, pour engager résolument les actions collectives et les politiques qui nous permettront de préserver et restaurer notre biodiversité au bénéfice de toute la société. Sachons, nous aussi, être « modernes » !


Notre communiqué de presse interassociatif pour les 50 ans de la loi de 1976

Pour aller plus loin

Associations, collectifs, syndicats : ce qu’on appelle « la société civile » joue un rôle indispensable à l’équilibre démocratique, en France et partout ailleurs. Pourtant, elle fait régulièrement l’objet d’attaques sur sa légitimité ou ses financements, et les personnes qui la composent subissent menaces et violences, allant parfois jusqu’aux violences physiques.

France Nature Environnement, membre actif de cette société civile depuis des décennies, fait le point sur les dérives inquiétantes observées aujourd’hui, sur son rôle essentiel et l’enjeu démocratique que représente sa protection.

Qu’est-ce que la société civile ?

La société civile est constituée de tous les groupements de citoyen·nes, indépendants des autorités publiques, qui participent à la vie publique, comme les associations, les syndicats ou les collectifs.

Ancrée dans les territoires et reconnue par le droit, la société civile contribue à :

  • la cohésion sociale

  • l’émergence de la voix citoyenne

  • la protection des droits et libertés fondamentales

  • la défense de l’intérêt général

Elle trouve sa force dans le collectif et sert autant de tremplin aux initiatives citoyennes naissantes que de rempart contre les déséquilibres politiques.

Un pilier de la démocratie et du vivre-ensemble

La société civile est une forme d’auto-organisation de la société, dont le but est de défendre des intérêts collectifs et l’intérêt des citoyennes et citoyens. Elle est composée d’organisations qui agissent autant sur le terrain et auprès des citoyen·nes qu’à l’échelle nationale ou internationale, auprès des décideuses et décideurs politiques.

Son activité couvre tous les secteurs, et certaines organisations qui la composent, comme France Nature Environnement, sont officiellement reconnues d’utilité publique. Certaines peuvent même se voir confier des missions de service public par l’État.

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mains levées bénévolat Bénévolat
photo de mains levées vers le ciel
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La société civile environnementale : missions et engagements

Dans le secteur de l’environnement, la société civile est composée d’associations de citoyennes et citoyens, ainsi que de collectifs d’organisations et de fondations. 

  • Elle se donne pour objet d’informer, d’alerter, et de donner au public les capacités d’agir pour défendre l’environnement. 
  • Elle défend la construction et la mise en œuvre des droits et libertés publiques environnementales inscrites dans la constitution. 
  • Enfin, elle œuvre pour mettre en place des politiques publiques répondant à la triple crise environnementale (climat, biodiversité, pollution), socialement plus juste et au service des générations actuelles et futures, ainsi que des écosystèmes dont elles dépendent. 

La société civile organise et participe au dialogue dans les territoires, entre les citoyen·nes, les scientifiques, les acteurs et actrices économiques, et le personnel politique, pour faciliter des prises de décisions éclairées et améliorer la qualité du débat public. Elle agit en justice pour prévenir et faire sanctionner les atteintes à l’environnement, défendre le droit à un environnement sain, et faire appliquer les lois.

Par bien des aspects, la société civile environnementale est souvent la première garante de l’application des droits et devoirs constitutionnels inscrits dans la Charte de l’environnement, comme par exemple : 

  • “le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé”
  • “le devoir de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement”

S’engager collectivement est indispensable pour faire démocratie et vivre ensemble. La société civile est au cœur de cet engagement. Elle représente les populations et leurs intérêts, elle est constituée de celles et ceux qu’elle protège, et elle agit sur le terrain et dans les institutions.

Les associations de protection de la nature et de l’environnement

Les associations de protection de la nature et de l’environnement agissent à toutes les étapes de l’action publique :

  • inventaire naturaliste

  • expertise scientifique

  • action juridique

  • éducation et sensibilisation à l’environnement

  • participation aux instances de concertation et de dialogue

  • gestion d’espaces naturels

  • etc.

Avec le mouvement France Nature Environnement, c’est la voix de près d’un million d’adhérent⸱es qui s’exprime.

Par éthique et soucis d’exemplarité, elles inscrivent leurs actions dans un cadre de valeurs explicites et universelles :

  • non-violence
  • respect de la dignité humaine
  • attachement à l’État de droit et aux libertés fondamentales
  • etc.

Elles sont indépendantes des partis politiques, et portent un message favorable aux intérêts de toutes et tous. 

Démocratie participative VS démocratie représentative ?

La décision publique est une affaire de compromis, prenant en compte des considérations économiques, sociales, sanitaires, environnementales, etc. Or, ces compromis font intervenir des acteurs aux intérêts différents, voire parfois contradictoires. Comment concilier ces avis et prendre des décisions, dans une démocratie ? Plusieurs moyens existent, impliquant des acteurs différents :

Crises environnementales : le messager pris pour cible en France et en Europe

Malgré plusieurs décennies d’alertes scientifiques, les propositions politiques restent insuffisantes face à l’accélération des crises environnementales. Dans le même temps, la dégradation des écosystèmes se poursuit, accompagnée de souffrances sociales et humaines.

Plutôt que de mettre en place des solutions, certains responsables politiques ou acteurs économiques nient les faits scientifiques et s’attaquent directement aux associations et lanceurs d’alertes. Il est en effet plus facile de noyer ou décrédibiliser un message que de s’attaquer aux racines d’un problème complexe et sociétal. Pourtant, aucune offensive contre la société civile ne changera la réalité des crises sociales et environnementales que nous traversons.

Les organisations de la société civile jouent pourtant un rôle reconnu de contrepoids face à l’influence disproportionnée de certains lobbies industriels ou économiques. En leur absence, qui irait protéger la santé et l’environnement face aux lobbies, qui défendent avec force leurs intérêts économiques ?

De la désinformation aux menaces et violences physiques

En France comme au niveau européen, les associations sont visées par des campagnes de désinformation et des tentatives de musellement par le chantage aux subventions.

Pire encore, les menaces, intimidations et agressions physiques à l’encontre des organisations de la société civile se multiplient. Ces dérives inadmissibles semblent même être encouragées par certains responsables politiques ou représentants d’intérêts privés, qui désignent publiquement les associations comme des « ennemies à abattre », plutôt que des interlocutrices légitimes de la vie publique.

France Nature Environnement et ses associations membres sont régulièrement victimes de dégradation de leurs locaux, et les salarié·es et bénévoles de ces structures menacé·es ou agressé·es physiquement. Des plaintes sont systématiquement déposées, mais l’impunité reste presque toujours de mise, de même que le silence du gouvernement, tout particulièrement lorsqu’une agression implique des représentants de certaines organisations agricoles.

Les appels à la haine, les menaces et les tentatives de décrédibilisation constituent des atteintes directes aux libertés d’association et d’expression. Lorsqu’une partie de la société civile subit des intimidations pour ses prises de position, c’est l’ensemble du débat démocratique qui se trouve menacé.

Affaiblir la société civile, c’est affaiblir la démocratie

La remise en cause des organisations de la société civile environnementale dépasse le sort des associations concernées. Elle a des conséquences directes et concrètes sur la qualité des décisions publiques :

  • moins de participation citoyenne

  • moins de transparence

  • moins d’expertise indépendante

  • risque accru de politiques publiques influencées par des intérêts privés

Si les représentants d’intérêts économiques privés ont toute liberté d’action, alors que les représentants des territoires et des populations se voient agressés, ostracisés et bâillonnés, l’évolution de nos règles collectives ne se fera pas dans le sens de l’intérêt général.

Dans un contexte d’accélération des crises écologiques et d’accroissement des inégalités économiques et sociales, affaiblir la société civile revient à se priver d’un levier essentiel de transformation écologique et d’apaisement des relations sociales.

Protéger la société civile pour construire un monde ensemble

La société civile, qu’elle soit environnementale ou sociale, est un pilier de notre société. Par son engagement et son militantisme, elle fait vivre la démocratie jusqu’au cœur des territoires et protège les droits civiques. Elle fait le lien entre les citoyennes et citoyens et les institutions, et nourrit et anime la vie publique de son expertise. Elle contribue à la qualité de la vie publique et à la transparence de l’information. En faisant vivre la démocratie, éclairée par la science, elle facilite l’émergence de solutions écologiques robustes et adaptées aux réalités sociales.

Reconnaître ses multiples rôles, garantir la sécurité de ses militant·es, préserver les libertés publiques, et renforcer les espaces de dialogue démocratique, ce sont des choix politiques structurants pour l’avenir. À l’heure où l’accumulation des crises pousse certain·es au retranchement ou à la division, protéger la société civile, c’est faire le choix du collectif, de l’espérance et de l’action en faveur d’un monde plus équitable et vivable.

Juin 2023, assemblée générale de FNE à Angers : Antoine Gatet est élu président de France Nature Environnement. À l’occasion de l’assemblée générale des 12-13 juin 2026, après trois ans d’aventure, de combats militants, de projets et de rencontres, il passera la main.

Antoine nous partage ici quelques moments marquants de sa présidence, une rétrospective personnelle, d’un mandat mené avec le cœur.

Présider FNE, c’est une aventure humaine de chaque instant. C’est porter, avec les membres du Bureau, la stratégie ambitieuse de la fédération, construite collectivement par le Conseil d’Administration, la direction générale et le Comité de Direction. Cette stratégie est construite et se déploie avec nos 50 salarié·es, nos 150 bénévoles engagé·es dans les Comités référents, et nos 48 associations adhérentes.

L’importance de notre cause commune et les qualités personnelles de ces 250 humanités, rassemblées au chaud dans le duvet du hérisson FNE, font d’une présidence une expérience unique dans une vie militante. Je remercie en particulier l’ensemble des membres du Bureau avec qui nous avons formé un vrai collectif de confiance et d’action.

Je poursuis mon engagement de près de 30 ans dans le mouvement, toujours sur le terrain, en Nouvelle-Aquitaine et dans le Limousin, auprès de mes sources et rivières, et je retrouve avec autant de plaisir les humanités qui s’y déploient pour une cause juste devenue fondamentale : l’habitabilité de la terre pour l’ensemble du vivant.

Antoine Gatet

Retrouvez prochainement son rapport moral complet ici, le rapport d’activité 2025 de France Nature Environnement, et ci-dessous une sélection de douze moments forts de sa présidence.

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portrait d'Antoine Gatet

Vous avez déjà vécu ces déjeuners de famille où un sujet arrive dans la conversation, et tout à coup le ton monte ? Nous aussi !  

À France Nature Environnement, nous faisons le constat qu’avec le vacarme médiatique et politique, beaucoup de citoyens et citoyennes ne parviennent plus à se parler.

Pourtant, la transition écologique et la construction de la société de demain nous concerne toutes et tous, et doit se décider ensemble ! Après tout, il s’agit de :

  • protéger notre santé et celle de nos proches
  • nous garantir une alimentation saine, et qui rémunère justement celles et ceux qui la produisent
  • préserver et restaurer nos paysages et assurer la protection des espèces de nos territoires
  • se protéger des conséquences des changements climatiques comme les canicules, sécheresses ou inondations
  • plus généralement s’assurer que chaque personne peut se chauffer, se déplacer, accéder aux loisirs et à la nature, et s’épanouir dans sa vie

Pour ça, il faut que les choses changent, et cela ne peut se faire qu’en mettant tout le monde autour de la table.
Dans ce but, FNE propose différents outils et contenus afin d’avoir des discussions plus apaisées, et construire une société plus solidaire et protectrice de l’environnement !

Retrouvez nos dépliants « Ça vous démange ? »

Comment parvenir à se parler, alors qu’on n’a pas les mêmes informations, les mêmes avis, ou les mêmes priorités ?
Comment démêler le vrai du faux dans ces débats de société, où l’on entend tout et son contraire ?

Les dépliants « Ça vous démange ? » sont là pour vous aider !

Chaque dépliant explore un sujet de société, en partant des questions du quotidien, en proposant des chiffres clés, informations et ressources pour plus facilement en parler.

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3 marmottes
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Et si la solution c’était la sobriété ?

Faire évoluer les choses, c’est bien, mais ça ne veut pas forcément dire qu’on doit tout changer d’un coup !
En réalité, de nombreuses initiatives existent déjà, notamment au niveau local, et celles-ci s’appuient souvent sur le bon sens et la sobriété pour proposer des solutions justes et équitables pour les citoyens et citoyennes.

Des solutions sur les transports, sur l’énergie, sur la construction ou l’eau ? Retrouvez toutes nos propositions pour la vie quotidienne dans les fiches sobriété ci-dessous :

  • La sobriété énergétique : repenser nos besoins pour sortir de l’ébriété
  • La sobriété des mobilités : modérer la demande de transports et adapter l’offre
  • La sobriété lumineuse : réduire l’éclairage, une idée lumineuse !
  • La sobriété foncière : objectif : zéro artificialisation nette
  • La sobriété du secteur BTP : rénover plutôt que construire
  • La sobriété en eau : pour un usage raisonné et équitable d’une ressource précieuse
  • La sobriété agricole : pour une agriculture respectueuse du vivant
  • La sobriété de l’élevage : pour un élevage plus durable au service d’une alimentation plus saine
  • La sobriété textile : mettre la sobriété à la mode
  • La sobriété numérique : maîtriser une « dématérialisation » aux impacts bien réels

Toutes les fiches à retrouver ici

Quelques outils bien pratiques pour des discussions apaisées

« Il faut acheter du bio mais c’est hors de prix » 
« On ne peut plus manger de la viande sans être regardé de travers » 
« Il y a trop de normes et de régulations les agriculteurs n’en peuvent plus » 
« La France doit être un leader de l’agriculture et nourrir le monde, … »

Vous aussi les débats sur l’agriculture et l’alimentation, ça vous démange ? Téléchargez notre dépliant sur le sujet, pour pouvoir en parler de façon apaisée !

Découvrez nos ressources pratiques pour parler d'environnement en cliquant ici
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Ça vous démange ? Spécial agriculture et alimentation aperçu
Informations du document

FNE lance son premier dépliant de la série «Ça vous démange ?», illustré par Allan Barte, pour vous aider à parler de nature et d’environnement avec vos ami·es, votre famille ou vos collègues.

Plus de ressources à retrouver ici

Modalités de mise à disposition
Association
France Nature Environnement
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Alors que 7 des 9 limites planétaires ont été dépassées, le CESE, auquel FNE participe, publie son étude sur « L’intégration des limites planétaires dans les décisions publiques et privées ». Objectif, relever le défi d’un retour dans des limites planétaires écologiquement et socialement juste. Caroline Donge, vice-présidente de France Nature Environnement, est co-rapporteuse de ce texte. 

Cette étude se propose de :

  • Dépasser l’approche en « silos », pour que le dérèglement climatique n’invisibilise plus les autres limites planétaires
  • Lier la protection de l’environnement et la justice sociale avec le « Donut » qui prend en compte le plafond écologique et le plancher social
  • Partager 3 pistes de réflexion pour transformer nos décisions au niveau de l’État, des entreprises et des territoires
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Une de l'étude sur L'intégration des limites planétaires dans les décisions publiques et privées
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🌿 **Découvrez notre livret : “Ce que la nature nous apprend”**

Entre 2024 et 2026, la Frapna 07, en partenariat avec les associations catalanes Gisfera et AAPNE, a mené un projet de sensibilisation auprès de jeunes français·e·s et catalan·e·s.

Au cœur de cette démarche : une expérimentation de restauration **Low-Tech inspirée de l’ingénierie du castor**, combinée à une expérience interculturelle. Ensemble, ces jeunes ont exploré leur relation au vivant tout en agissant concrètement sur un milieu naturel.

👉 Ce livret vous invite à découvrir :

  • une technique de restauration écologique accessible et inspirante
  • des conseils pratiques pour sa mise en œuvre
  • une réflexion plus large sur notre rapport à la nature et l’implication citoyenne dans le soin de l’environnement.

Plus qu’un simple outil, cette approche propose un véritable changement de regard : apprendre du vivant pour mieux cohabiter avec lui.

Ce projet est cofinancé par l’Union européenne. 

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Publié le 5 mars 2024

Le 8 mars est la Journée internationale des droits des femmes : un enjeu juridique, politique, économique, social, culturel… et environnemental ! Quoique bien documenté, le lien entre inégalités de genre et urgence climatique reste pourtant peu connu du grand public. Plus exposées aux effets du dérèglement climatique, les femmes sont aussi moins représentées dans les instances de décision, et pourtant plus actives dans la mise en œuvre des solutions : comment résoudre ce paradoxe ?

France Nature Environnement fait le point sur la situation et propose, sur la base de sa contribution au rapport Inégalités de genre, crise climatique et transition écologique (2023), des pistes de solutions pour conjuguer genre et environnement. La transformation écologique vers un monde vivable et respectueux des limites planétaires va de pair avec l’avènement d’une société plus égalitaire : ces deux luttes sont communes.

NB : ce dossier est centré sur les inégalités de genre, mais nombre de constats valent également pour d’autres inégalités générées par des constructions sociales défaillantes, dont sont victimes les personnes racisées, en situation de handicap ou de précarité, etc.

Constats et chiffres clés

Les inégalités de genre renforcent la vulnérabilité des femmes face aux impacts du  dérèglement climatique

  • 85 % des personnes qui meurent des conséquences d’une catastrophe naturelle d’origine climatique dans le monde sont des femmes et 75 % des réfugié·es environnementaux sont des femmes.
  • Cette plus grande vulnérabilité s’explique notamment par la plus grande proportion de femmes parmi les populations pauvres : elles possèdent moins de 1% des richesses mondiales (Sénat, Parlement européen), et représentent 70% des personnes vivant avec moins de 1 dollar par jour.
  • Lors de la canicule de 2003, en France, le taux de mortalité des femmes était 15% supérieur à celui des hommes (Fouillet at al., 2006)

Les inégalités de genre entraînent une sous-représentation des femmes dans les espaces de décisions politiques

  • Lors de la COP 2022, les femmes ne représentaient que 35% des équipes. Dans les négociations sur le climat, les femmes représentent 12 à 15% des têtes de délégation et 30% des délégué·es (Parlement européen).
  • En France, les femmes représentent 39% des parlementaires et 42% des élu·es des conseils municipaux, mais seulement 20% des maires (INSEE, 2022).
  • Seules 5 régions sur 18 sont présidées par une femme (Observatoire des inégalités, 2022).

Les inégalités de genre engendrent des comportements différenciés face aux enjeux environnementaux

  • 84% des Françaises se disent inquiètes des conséquences du dérèglement climatique contre 74% des hommes (sondage IFOP pour le CESE, oct. 2023), et 65% des personnes éco-anxieuses sont des femmes (Fondation Jean Jaurès, 2021).
  • 86% des Françaises ont modifié ou envisagent de modifier leurs habitudes de consommation afin de minimiser leur impact sur l’environnement contre 75% des hommes.

4 grands axes pour faire de la lutte contre les inégalités de genre un levier d’action face à la crise climatique

En mars 2023, le Conseil économique, social et environnemental (CESE), troisième assemblée de la République, a adopté à l’unanimité des organisations de la société civile qui y sont représentées un rapport intitulé Inégalités de genre, crise climatique et transition écologique. Co-rapporté par l’un des représentant·es de FNE au CESE, il formule 24 propositions concrètes pour articuler lutte contre les inégalités de genre et transition écologique. Plusieurs grands axes de progrès se dégagent.

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1. Systématiser le recueil de données sexospécifiques

Les données sexospécifiques, c’est-à-dire ventilées par sexe, permettent de visibiliser les différences et les inégalités liées au genre : un préalable indispensable pour trouver des solutions et améliorer la situation. Une approche genrée peut par exemple mettre en évidence des différences entre les femmes et les hommes concernant :

  • les impacts du changement climatique et des catastrophes naturelles et technologiques
  • les effets de l’exposition à des pollutions ou à des dégradations environnementales sur la santé
  • la participation aux instances de décision
  • l’accès aux métiers de la transition ou à des financements pour des projets liés au climat
  • la perception et la compréhension des enjeux climatiques
  • les comportements et les habitudes de consommation, etc.

2. Favoriser le traitement croisé des enjeux genre et environnement

En 2015, à l’initiative de la France, l’Accord de Paris qui concluait la COP21 soulignait « l’importance de briser les silos et de développer des solutions permettant à la fois de limiter les impacts climatiques et de rééquilibrer les relations de pouvoir de genre ». Dans les faits pourtant, le croisement de ces deux enjeux reste marginal. Lutter contre les inégalités entre les femmes et les hommes est pourtant un levier d’action puissant face au défi climatique.

3. Améliorer les conditions de participation des femmes à la prise de décision à tous les niveaux

Les femmes sont aujourd’hui largement sous-représentées dans les instances de décision politiques (cf. Constats et chiffres clés). Or comment élaborer des politiques inclusives et pertinentes pour tous et toutes si la moitié de la population est tenue à l’écart du processus ? La participation des femmes à l’élaboration des politiques de lutte contre le changement climatique est d’autant plus indispensable qu’elles en sont les principales victimes et qu’elles détiennent, du fait de leur socialisation genrée, une partie des solutions.

4. Au-delà des enjeux environnementaux, promouvoir l’égalité effective entre les femmes et les hommes

Selon le dernier rapport du Forum économique mondial sur les inégalités entre les femmes et les hommes (Global Gender Gap Report 2023), il faudra encore 131 ans au rythme actuel pour atteindre la parité au niveau mondial, 67 ans au niveau européen.

Dans un contexte d’urgence climatique, accélérer l’atteinte de cet objectif est doublement crucial : à la fois pour lui-même et pour les bénéfices environnementaux que cela entraînerait. On estime par exemple que si les petites agricultrices disposaient du même accès que les hommes aux ressources productives, les rendements agricoles augmenteraient de 20 à 30% et les émissions de CO2 diminueraient de 2,1 gigatonnes d’ici 2050 (Project Drawdown).

Comment agir en tant que citoyen·ne ?

  • S’informer et contribuer à faire connaître les liens entre inégalités de genre et questions environnementales (urgence climatique, lutte contre l’effondrement de la biodiversité, transition énergétique, logement, transports, etc.).
  • Soutenir les projets et les associations qui agissent en faveur de l’égalité des genres et d’une meilleure prise en compte du genre dans les questions environnementales : associations féministes et environnementales.
  • Si vous travaillez en entreprise, favoriser l’intégration de ces deux enjeux dans le cadre de votre CSE par exemple.
  • Encourager l’adoption de modes de consommation durables et lutter contre les stéréotypes genrés en la matière (ex : cliché viriliste de la consommation de viande)

FNE s’engage !

  • France Nature Environnement agit depuis plusieurs années dans un cadre paritaire dans son Conseil d’administration et son Bureau. Cependant, des axes d’amélioration subsistent : le mouvement n’a jamais été présidé par une femme, et à peine plus d’un tiers de nos 48 associations membres le sont.
  • FNE a signé avec le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes la convention pour une communication sans stéréotypes de sexes, et la déploie sur son site internet, dans ses communications et auprès de ses partenaires
  • Le Conseil d’administration de FNE a créé fin 2022 un groupe de travail interne chargé d’élaborer un plan d’action genre pour améliorer encore son fonctionnement interne et pour mieux intégrer le sujet dans son plaidoyer.
  • Partout en France hexagonale et en Outre-mer, des femmes, très majoritaires dans les équipes salariées du mouvement, portent des projets ambitieux pour la nature et l’environnement, et proposent des expertises reconnues.

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