Fil d'Ariane
- Accueil
- Je m'informe
- Dossiers en ligne
- Énergies renouvelables : stop aux idées reçues !
Énergies renouvelables : stop aux idées reçues !
Tous les jours dans les médias, sur les réseaux sociaux, à la radio, nous relevons de nombreuses idées reçues qui circulent sur la transition énergétique et en particulier les énergies renouvelables (EnR). Pas évident de se repérer dans le nuage d’informations et de trouver la bonne information vérifiée. Nous avons donc voulu proposer un débunk des principales rumeurs concernant les EnR.
Désinformation climatique, une réalité en hausse
En 2025, Quota Climat, en collaboration avec DataForGood et Science Feedback, a recensé 529 cas de mésinformation climatique dans les médias français (télévision et radio) en seulement huit mois ! Parmi ceux-ci, 70 % concernent le secteur énergétique, et plus précisément les énergies renouvelables, tandis que 90 % abordent les solutions de la transition écologique pour les dénigrer et bloquer la transition vers un monde plus juste.

Malgré des rappels réguliers des faits, ces narratifs anti-EnR continuent d’être largement relayés par les médias et sont principalement issus des discours politiques d’extrême droite et de l’industrie fossile.
Faisons barrage à la désinformation anti-EnR
Les pics de désinformation ont souvent accompagné des moments clés de l’actualité : l’élection de Donald Trump, les débats sur les zones à faibles émissions (ZFE) et les discussions autour de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE3) en France. Il y a fort à parier que la période des élections présidentielles de 2027 va être une mine de désinformations !
Nous pouvons toutes et tous lutter contre la propagation de ces désinformations en les repérant, en les dénonçant et en s’emparant de narratifs vérifiés pour contribuer à la diffusion d’information justes.
France Nature Environnement décrypte ces 6 idées reçues persistantes pour vous aider à faire barrage à la désinformation sur les EnR.
ℹ Cliquez sur le bouton «en savoir plus» pour choisir la question que vous souhaitez 👇
Énergies renouvelables, de quoi se parle-t-on ?
Les énergies renouvelables (EnR) sont issues de sources naturelles qui se renouvellent en continu, comme le soleil, le vent, l’eau ou la biomasse. En France, les EnR rassemblent une dizaine de filières très diverses pour produire de l’électricité, de la chaleur ou des carburants. Les EnR représentent 23 % de l’énergie finale consommée par les Français.es en 2024 et 30,8 % de l’électricité consommée.
Bien que le bois-énergie et l’hydroélectricité, filières renouvelables historiques, soient les plus développées, l’éolien et le solaire photovoltaïque sont des technologies en croissance significative ces dernières années. Ces deux filières, nécessaires pour accompagner l’électrification du système énergétique français, cristallisent souvent les débats politiques et médiatiques.

Aujourd’hui, beaucoup pensent que les énergies renouvelables (solaire, éolien) coûtent plus cher à produire que les énergies traditionnelles comme le gaz ou le charbon ou même le nucléaire. Cette affirmation est pourtant infondée et très souvent utilisée pour freiner l’action vers une transition énergétique bénéfique pour le climat. Les chiffres officiels (ministère, RTE, ADEME) montrent le contraire.
En France, les énergies renouvelables (EnR) sont souvent accusées de bénéficier de subventions démesurées. Pourtant, les chiffres officiels montrent plutôt l’inverse : certes, ces aides de l’État existent mais elles sont modestes - au regard de celles perçues par les énergies fossiles (pétrole, gaz naturel, charbon) et fissiles (nucléaire) - temporaires et justifiées par les bénéfices en termes de santé, de lutte contre le réchauffement climatique et de souveraineté.
Contrairement à une idée reçue tenace, les énergies renouvelables n’ont pas été à l’origine des récents black-outs. En France et en Europe, les coupures d’électricité ont été principalement dues à des problèmes techniques (avarie de groupes de production thermique à Cordemais en 1987), climatiques (tempête de 1999 en France, incendie en Italie en 1994) ou de gestion de la végétation aux abords du réseau électrique (Suisse-Italie, 2003) ou encore à la collision d’un bateau avec une ligne électrique (Allemagne, 2006), et non au caractère non-pilotable des EnR, dont la part dans le mix électrique est croissante.
Ce qui est vrai :
- L’énergie nucléaire permet de produire de l’électricité avec de faibles émissions de GES, tout comme les énergies renouvelables, notamment le solaire et l’éolien.
- Le volume de production d’électricité bas-carbone (nucléaire et renouvelable) en France a atteint en 2025 un maximum historique, soit 95,2 % de l’électricité produite (RTE, 2026). Mais l’électricité ne représente qu’une partie de toute l’énergie dont nous avons besoin, soit 27 % de l’énergie finale consommée en France.
- Ainsi, en France, même si l’électricité est globalement peu polluante grâce au nucléaire qui en produit 68 %, celle-ci ne couvre pas l’ensemble des besoins énergétiques : les énergies fossiles restent majoritaires, avec plus de 60 % de la consommation énergétique nationale, notamment pour les transports et le chauffage.
Et quand bien même l’enjeu de produire une électricité décarbonée est extrêmement important, ce critère ne peut être le seul à être pris en considération pour établir une politique énergétique souveraine et résiliente. Les EnR disposent d’autres avantages par rapport au nucléaire qu’il faut considérer.
À retenir :
La France a besoin des EnR pour :
- Décarboner en électrifiant tous les secteurs d’activité : transport, logement, industries, …
- Remplacer le nucléaire vieillissant
- Bénéficier de coûts compétitifs pour faire baisser la facture
- Améliorer la résilience du système électrique
- Réduire la dépendance aux importations d’uranium, de gaz et de pétrole en diversifiant les sources d’approvisionnement énergétique
À retenir :
- Le bilan environnemental des EnR est positif (GES évités, recyclabilité, temps de retour énergétique, …).
- Oui, les EnR ont des impacts sur la biodiversité, comme toutes nos activités. Des solutions efficaces existent pour atténuer les impacts des EnR (évitement, réduction, compensation), et leur déploiement est indispensable pour la transition énergétique, à condition de bien les intégrer dans les territoires.








