Frelon asiatique devant une ruche d'abeilles
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Frelon asiatique : ne vous laissez plus piéger par les idées reçues

Publié le 18 juin 2026

Chaque année, au printemps, on voit revenir les appels vibrants à « piéger le frelon asiatique », accompagnés de modèles de pièges vendus dans le commerce ou à fabriquer soi-même. Les apiculteurs considèrent cet hyménoptère, prédateur de l’abeille domestique, comme un désastre pour les ruches. Mais quelle est la réalité de cette menace, et le piégeage, présenté comme un remède, n’est-il pas pire que le mal ? Partons à la découverte de cet insecte qui fait l’objet de craintes tenaces mais pas toujours fondées.

J’ai vu un frelon à l’abdomen jaune : c’est un frelon asiatique ?

Rappelons tout d’abord que les frelons sont simplement de grosses guêpes, originaires d’Asie. Deux espèces sont aujourd’hui répandues en France métropolitaine : le frelon européen (Vespa crabro) et le frelon à pattes jaunes, ou frelon asiatique (Vespa velutina nigrithorax), arrivé accidentellement en France en 2004 et qui s’est désormais installé sur tout le territoire.

Comparatif de l'apparence d'un frelon à pattes jaunes, d'un frelon européen, d'une abeille domestique et d'une guêpe commune
Issu du dossier sur le frelon à pattes jaunes de l’Opie

Les deux ressemblent à une grosse guêpe et c’est surtout l’abdomen qui les distingue : celui du frelon européen est jaune vif rayé de noir tandis que celui du frelon à pattes jaunes est noir avec un anneau jaune orangé. Et comme son nom l’indique, ce dernier a l’extrémité des pattes jaunes, alors que le frelon européen a les pattes noires.

Les frelons sont-ils agressifs et dangereux ?

Les frelons ne sont pas plus agressifs envers les humains que les autres guêpes, mais comme ils sont plus gros et plus bruyants, ils peuvent sembler plus inquiétants. Les piqûres résultent souvent d’un comportement involontaire ou inapproprié de notre part : s’asseoir ou marcher sur l’insecte, vouloir le chasser brusquement. Une piqûre de frelon peut s’avérer très douloureuse, mais sauf pour les personnes allergiques, elle n’est pas dangereuse.

Cependant, comme tous les insectes sociaux, les frelons défendent leur nid : il faut donc s’abstenir d’approcher celui-ci à moins de trois ou quatre mètres, sous peine de déclencher une attaque des gardiennes du nid.

Faut-il piéger le frelon à pattes jaunes ?

Le frelon à pattes jaunes, comme son cousin européen, se nourrit de fruits mûrs, de guêpes et d’abeilles, dont l’abeille domestique (Apis mellifera). Dans un contexte déjà difficile pour les apiculteurs, l’arrivée de ce frelon est un problème supplémentaire et les appels à piéger se sont multipliés.

Pourtant, le Muséum National d’Histoire Naturelle a démontré que le piégeage au printemps est inefficace pour réduire les populations de frelons à pattes jaunes et tuent massivement d’autres insectes, dont de nombreux pollinisateurs, indispensables au bon fonctionnement des écosystèmes.

Le piégeage généralisé est donc une fausse bonne idée, surtout dans le contexte actuel d’effondrement des populations d’insectes. Le piégeage, pour être efficace et le moins néfaste possible à la biodiversité, doit l’être dans le cadre d’une déclinaison départementale du Plan national de lutte contre le frelon asiatique.

Comment protéger les abeilles domestiques ?

Trois méthodes de protection des ruches ont été développées : elles permettent de réduire l’impact du frelon sur les abeilles, sans nuire aux autres insectes.

Les 3 méthodes :

  • La première méthode consiste à entourer la ruche d’un filet à mailles dimensionnées pour laisser passer les abeilles mais bloquer les frelons.
  • Peu coûteuse et efficace, la « muselière » est une sorte de sas d’entrée devant la ruche, constitué d’un grillage qui permet aux abeilles de passer mais impossible à franchir par les frelons.
  • Enfin, plus onéreuse, la « harpe électrique » s’inspire du procédé utilisé dans les raquettes anti-mouches.

Pour les particuliers qui possèdent un jardin, la meilleure manière d’aider les insectes pollinisateurs consiste à planter des fleurs mellifères indigènes (lavande, thym, trèfle, centaurée, bourrache…), laisser des zones sauvages et proscrire les pesticides.

Peut-on éradiquer le frelon à pattes jaunes ?

Le frelon à pattes jaunes est désormais bien installé en France et il n’est plus possible de l’éradiquer. Nous devons apprendre à vivre avec lui, en réduisant les problèmes qu’il peut poser aux ruchers, sans nuire aux autres insectes sauvages.

Plutôt que de viser sa disparition, il faut redonner sa place à la nature en luttant contre les causes de son érosion (destruction des habitats, pollutions, surexploitation et dérèglement climatique), car une biodiversité riche et en bonne santé résiste mieux aux perturbations induites par l’arrivée d’espèces exogènes*.

*Dis d’espèces venues d’ailleurs, qui n’appartiennent pas à la biodiversité autochtone.

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