Biodiversité

Biodiversité Biodiversité

Publié le 17 novembre 2025 - mis à jour le 15 mai 2026

Partout en France, des associations du mouvement France Nature Environnement agissent sur le terrain pour restaurer rivières, forêts, zones humides et autres écosystèmes dégradés. Ces initiatives locales redonnent vie aux territoires, favorisent la biodiversité et renforcent notre lien à la nature. Et si, vous aussi, vous participiez à la restauration du vivant près de chez vous ?

Découvrez les restaurations avant/après

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Biodiversité Biodiversité
Exemples de restauration de la nature près de chez vous dans ce dossier
Paragraphes
Avant-après Lorraine
Milieux agricoles
En Lorraine avec l’association HAIES
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Avant-après Côtes d'Armor
Littoral
Dans les Côtes-d’Armor avec l’association Vivarmor Nature
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Avant-après Cher
Zones humides
Dans le Cher ou dans le Limousin avec l’association Perche Nature et le Groupe Mammalogique et Herpétologique du Limousin
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Avant-après Bas-Rhin
Zone péri-urbaine
Dans le Bas-Rhin avec l’association Alsace Nature
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Avant-après Oise
Forêt
Dans l’Oise ou à Mayotte avec l’association Semeurs de Forêts et Mayotte Nature Environnement
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Restauration du bocage en Lorraine

En Lorraine, l’association Haies plante des haies champêtres aux côtés des agriculteurs et agricultrices pour recréer des corridors écologiques.

Refuge pour les oiseaux et insectes utiles aux cultures, elles protègent les sols et limitent leur érosion, filtrent l’eau et stockent du carbone.

Restauration de dunes dans les côtes d’Armor

L’association Vivarmor nature a accompagné la restauration historique des dunes de Bon-Abri dans les côtes d’Armor.

Ces dunes boisées vieilles de 4 000 ans ont été successivement décharge, terrain de motocross et carrières de sable jusqu’à leur protection puis leur restauration.

Grâce à l’implication de l’association aux côtés d’autres acteurs, les dunes ont avancé, ce qui est un véritable atout dans la lutte contre l’érosion du littoral et l’adaptation face à la montée du niveau marin.

Restauration de zones humides dans le Cher

Dans le Cher, l’association Perche Nature restaure des mares grâce au programme Objectifs Mares coordonné par FNE Centre-Val de Loire.  La mare était envahie par les massettes (ou roseaux des étangs) et partiellement par les saules.

Après un diagnostic écologique et une concertation avec les propriétaires, une restauration en deux phases a été envisagée :

  • Une première phase avec un chantier participatif où 16 personnes, bénévoles, sont venues donner de leur temps pour rajeunir cette belle mare de 1200 m² et ainsi couper les ligneux problématiques, tailler des saules en trognes (ou arbres têtards), couper les ¾ des massettes.
  • Puis dans un second temps, une entreprise est venue réaliser un curage superficiel afin de retirer les rhizomes de massettes, qui ont été évacués en dehors de la mare.

ℹ️ Les massettes peuvent devenir envahissantes lorsqu’il y a peu d’eau. Pour les enlever, il est nécessaire d’enlever le rhizome, tige souterraine constituée de racines et d’un bourgeon.

Restauration de zones humides en Creuse

Dans la commune de Flayat en Creuse, une initiative locale redonne espoir à une espèce aussi discrète que précieuse : le Triton crêté. Véritable sentinelle de la qualité des milieux naturels, cet amphibien témoigne d’un environnement en bonne santé et sa préservation profite à tout un cortège d’espèces. Mais face à la disparition et à la fragmentation de ses habitats, notamment ses zones de reproduction, l’espèce reste fragile.

Photo de triton crêté.
Photo de triton crêté. Crédit photo : GMHL par Alexandre Roux

Dans cette commune, qui abrite un important noyau de population, le Groupe Mammalogique et Herpétologique du Limousin a entrepris la restauration de l’habitat du triton crêté grâce à la création d’une mare. Ce projet a pu mobiliser les propriétaires locaux, qui se sont engagés, via des conventions, à adopter des pratiques favorables à la biodiversité. Parmi ces engagements : ne pas introduire d’espèces dans les mares et permettre un suivi régulier par l’association. Une démarche collective qui montre qu’à l’échelle d’un territoire, chacun peut contribuer à la protection du vivant.

Restauration en zone péri-urbaine dans le Bas-Rhin

Ici à Ostwald dans le Bas-Rhin, l’association Alsace Nature a rassemblé toutes les générations pour planter une haie au sein de l’EHPAD Siloë. Des résidents de l’établissement ont participé aux côtés des élèves d’une école à créer un habitat favorable à la biodiversité dans une zone péri-urbaine fréquentée.

Située à la croisée de deux corridors écologiques, cette haie facilitera les déplacements de nombreuses espèces, dont le Crapaud vert, tout en renforçant la trame verte et bleue locale. Composée d’une quinzaine d’essences utiles à la faune, elle a été plantée avec des techniques durables pour garantir sa bonne reprise et son rôle de refuge pour le vivant.

Restauration de forêts dans l’Oise

Ce terrain de 1,4 hectares acheté par l’association Semeurs de Forêts en mai 2019 à Juvignies était une ancienne pâture recouverte de clématite vitalba, une plante envahissante.

L’association y a planté plus de 900 arbres d’environ 25 essences indigènes différentes, présentes naturellement sur le territoire, de l’arbuste à l’arbre de canopée. L’espace a désormais bien évolué, les jeunes arbres plantés il y a 5 ans ne dépassaient pas les 40 cm et font aujourd’hui entre 1 et 5 m de haut environ, selon les essences.

En vieillissant, la forêt sera un refuge pour la biodiversité locale qui s’installe déjà.

 

 

Restauration à Mayotte

Nos associations sont forces de proposition au plus proche du terrain et dans l’urgence de l’actualité pour aiguiller les pouvoirs publics.

Suite au passage dévastateur du cyclone Chido à Mayotte, les associations ont produit des préconisations pour restaurer de façon efficace et durable des écosystèmes forestiers mahorais.

Crête du Mont Bénara après Chido, ©DroneGo

Comment restaurer la nature près de chez moi ?

Rejoindre une association de protection de la nature

Près de chez moi je rejoins une association et/ou je m’engage dans :

Je trouve et m’engage dans mon asso locale

Laisser une place à la nature à la maison ou en appartement

Je peux aménager mon jardin ou mon balcon en refuge pour la biodiversité :

Faire un don pour la nature

Faire un don à une association de protection de la nature aide à préserver et restaurer la nature.

👉 Je soutiens FNE

Les forêts sont un de nos meilleures alliés pour stabiliser le climat. Et pourtant, aujourd’hui, elles se retrouvent dans une situation critique. Comment fait-on pour adapter nos forêts dans un climat qui bascule ?

En 2022, l’opération Aux Arbres Citoyens, portée par France Nature Environnement avec France Télévisions, propulse près de 40 initiatives de terrain pour tester, soutenir et documenter des solutions concrètes, pensées localement et construites ensemble.

Dans cette vidéo, nous vous emmenons à la rencontre de celles et ceux qui expérimentent sur le terrain. Vous y trouverez des pistes de réflexion explorées par les associations du mouvement FNE pour des forêts qui s’adaptent au changement climatique, articulées autour de 4 leviers d’action :

  • Gérer les forêts en s’appuyant sur leurs dynamiques naturelles
  • Pérenniser les espaces en libre évolution
  • Restaurer et préserver des continuités écologiques
  • Se concerter et sensibiliser

👉 Pour plus d’informations, rendez-vous sur notre page dédiée : fne.asso.fr/arbres

Cliquez ici pour voir comment favoriser l'adaptation au changement climatique
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Merci à Eau & Rivières de Bretagne, FNE AURA, FNE Occitanie-Méditerranée et la Société Nationale de Protection de la Nature – Réserve Naturelle Nationale de la Plaine des Maures pour leur participation active à cette vidéo ! Et à Polaire Studios pour l’accompagnement et la réalisation de la vidéo.
🤝 Avec le soutien financier de l'ADEME

On le sait, pour lutter face au changement climatique l’adaptation de nos forêts est essentielle. Mais comment gérer une forêt dans ce contexte ? Quelles solutions adopter ? Comment favoriser le dialogue entre les différents usagers ? Dans ce dossier, retrouvez toutes nos ressources pour accompagner les forestiers et forestières dans la gestion durable d’une forêt.

Que fait FNE pour la forêt ?

France Nature Environnement (FNE) défend une vision multifonctionnelle de la forêt conciliant les différentes fonctions de la forêt :  

  • Économique : production de bois, cueillette etc.
  • Sociétale : qualité de vie, loisirs, etc.
  • Environnementale : biodiversité, atténuation des changements climatiques, protection des sols, lutte contre l’érosion, qualité de l’eau, etc.

L’intégration de la biodiversité et des enjeux écologiques dans les pratiques et politiques forestières est primordiale pour garantir la pérennité des forêts et des biens et services qu’elles produisent, dans un contexte de changement climatique.

Sur le terrain, cela passe notamment par l’adoption :

  • de pratiques de gestion adaptées
    • régénération naturelle
    • mélange d’essences et de strates de végétation
    • conservation de bois mort, etc.
  • de pratiques d’exploitation respectueuses du milieu
    • limitation du tassement des sols
    • adaptation des conditions d’exploitation aux espèces présentes, etc.

Nos outils pour la gestion forestière

Aux Arbres Citoyens ! : laboratoire de solutions pour préserver nos forêts

Mardi 8 novembre 2022, France Nature Environnement et France Télévisions organisaient une grande émission pour les arbres et les forêts françaises sur France 2.

Aux Arbres Citoyens ! s’est inscrite dans une volonté de passer à l’action face à des forêts mises à mal par le changement climatique, alors même qu’elles font partie de nos meilleures alliées pour en atténuer les effets. Le but, sensibiliser le plus grand nombre, mobiliser et financer des projets partout en France.

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Forêt au bord de l'eau
Paragraphes

L’expertise de FNE grâce à son réseau forêt

Le réseau forêt de FNE est composé de deux cercles de bénévoles investis dans les associations du mouvement FNE. Un cercle « rapproché » qui s’investit au niveau national, participe aux prises de décisions et consolide le plaidoyer de l’association sur les différentes questions forestières.

Un deuxième cercle plus éloigné composé d’environ 200 bénévoles, investis au niveau local et répartis dans toute la France (hexagone et Outre-Mer), organisé autour de quatre thématiques principales :

  • La sylviculture durable et intégrative
  • La libre évolution
  • Le dialogue forêt-société
  • Le bois énergie

Je suis intéressé·e, qui je contacte ?

Vous souhaitez obtenir plus d’informations concernant l’expertise de FNE sur les forêts ?

Répondez au formulaire en cliquant ici

Photovoltaïque : France Nature Environnement réaffirme son engagement pour un avenir 100 % renouvelable, sobre et souverain.

Face à l’urgence climatique, aux risques géopolitiques, FNE défend un mix énergétique fondé sur la sobriété, l’efficacité et le développement des énergies renouvelables comme le photovoltaïque.

Ce dernier joue un rôle clé dans la transition vers un système énergétique 100% renouvelable, à condition que son déploiement respecte les écosystèmes, les sols et la biodiversité.

Notre vision

Un mix énergétique 100 % renouvelable d’ici 2050, sans nucléaire ni énergies fossiles, est non seulement nécessaire, mais aussi réaliste comme le démontre de nombreux scénarios de prospectives. Il serait également plus souverain et moins coûteux.

Pour y parvenir, le photovoltaïque doit s’inscrire dans une démarche vertueuse, évitant l’artificialisation des terres et privilégiant les installations sur les toitures, les terrains pollués, dégradés et les parkings.

Ce document expose nos recommandations pour concilier accélération du solaire et préservation de l’environnement.»

Pour en savoir plus sur le photovoltaîque découvrez notre dossier en cliquant ici
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Photo de panneaux solaire
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Cette synthèse datant de mars 2026 permet de comprendre rapidement le positionnement complet et nos recommandations détaillées pour un photovoltaïque efficace, juste et respectueux de la biodiversité.

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Promenons-nous dans les bois, les parcs ou simplement dans la rue à la reconnaissance des arbres autour de nous. 

Accompagné du kit pédagogique « guide de détermination des arbres », vous allez pouvoir vous intéresser à la reconnaissance des feuillus, ces arbres aux feuilles élargies contrairement aux conifères qui portent des feuilles en aiguilles. En observant les feuilles, leur disposition, leur forme et celle de leur bord, alors vous parviendrez à trouver leur nom. 

A vous de mener l’enquête sur les arbres autour de chez vous ! 

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Visuel du Kit guide de détermination des arbres
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Il y a de la vie dans les feuilles mortes ! Se pencher sur la vie du sol, ce n’est pas ouvrir une encyclopédie mais pénétrer dans une bibliothèque. 

Avec le kit “petite faune de la litière et du sol”, vous allez pouvoir entrer dans le vif du sujet, débuter la classification et identifier quelques espèces. Il suffit de fouiller un peu, de soulever une souche, une branche ou une pierre pour admirer le spectacle. Les premiers centimètres du sol sont en fait un tapis de feuilles mortes plus ou moins décomposées. La litière, tel un rideau de théâtre, ouvre sur un spectacle fabuleux. Et ça grouille de vie…

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Visuel du Kit Vie du sol
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FNE Occitanie Pyrénées propose un outil pédagogique sur les sols : le mur du Sol Vivant.
Cet outil grand format (bâche souple de 2m x 2,5m avec 8 œillets), représente un sol en coupe, illustré de manière pédagogique et immersive. Il met en lumière les fonctionnalités du sol vivant : l’organisation des différentes strates, l’activité des organismes du sol, la circulation de l’air et de l’eau, ainsi que les processus essentiels comme la décomposition, la formation de l’humus ou le stockage du carbone.

Grâce à une iconographie détaillée, le visiteur découvre comment le sol agit comme une véritable éponge naturelle, régule les flux d’eau, soutient la biodiversité visible et invisible, et contribue au captage du carbone, jouant ainsi un rôle majeur dans l’atténuation du changement climatique et la bonne santé du vivant.

Pensé pour être utilisée en autonomie comme en support d’animation, le mur du sol vivant offre plusieurs niveaux de lecture, accessibles aussi bien aux novices qu’aux publics avertis.

En 2026, un jeu sérieux viendra compléter cet outil, permettant de prolonger la découverte par l’expérimentation et la coopération. Ensemble, le mur et le jeu offriront une expérience complète pour comprendre et valoriser l’indispensable sol vivant.

Vous pouvez louer ou acheter cette exposition pédagogique, les détails étant indiquée dans le catalogue pédagogique disponible ici.

Pour toutes demandes complémentaires contactez FNE Occitanie Pyrénées.

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Image du mur du Sol Vivant de FNE Occitanie Pyrénées
Modalités de mise à disposition
Précisions - Modalités de mise à disposition
  • 1 prêt gratuit par an pour les associations adhérentes à FNE Occitanie Pyrénées
  • Tarif de location à la semaine :
    - 50€ pour les établissements scolaires
    - 100€ pour les adhérents
    - 150€ pour les collectivités
    - 300€ pour les entreprises
  • Tarif d’achat sur devis (format physique ou numérique)
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FNE Occitanie Pyrénées
Site web de FNE Occitanie Pyrénées
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Boutin Alexandre
a.boutin@fne-op.fr
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La région Occitanie

Alors que la menace d’extinction concerne de plus en plus d’espèces, le retour naturel du loup en France est un signe encourageant. Pour autant, l’installation et l’expansion géographique de cette espèce protégée ne sont pas sans impact, notamment sur l’élevage ovin. Dans la brochure «Le loup & nous», France Nature Environnement déconstruit idées reçues et peurs ancestrales et dresse des pistes pour prendre la voie de la coexistence intelligente entre l’homme et le loup.

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Couverture le loup et nous
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Créé le 29 mai 2029 - modifié le 12 mars 2026

Le loup est-il dangereux pour l’homme ? Le loup est un grand prédateur, qu’est-ce que ça signifie ? En France, quelles sont les proies du loup ? Quelle est la place du loup dans la biodiversité ? Pourquoi faut-il continuer de protéger le loup ?

Vous vous êtes sûrement déjà posé l’une ou l’autre de ces questions à la faveur de telle ou telle actualité. Des premiers éléments de réponse sont fournis dans la brochure «Le loup et nous - Pour une coexistence intelligente», que nous mettons à disposition gratuitement ci-dessous (des exemplaires imprimés sont également disponibles, n’hésitez pas à nous contacter).

Illustrations de Pauline Meulien, Mathilde Eysseric, Mélodie Bucheret, Augustin Discart

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La biodiversité est, avec le climat, l’un des enjeux majeurs pour l’avenir de la planète et de nos sociétés. Portée par France Nature Environnement lors du Grenelle de l’environnement de 2007, la Trame verte, bleue et noire vise à préserver et restaurer les réseaux écologiques et leurs continuités écologiques nécessaires à la biodiversité. A partir du suivi de cette politique qu’elle mène régulièrement, France Nature Environnement formule 14 recommandations pour amplifier une mise en œuvre efficace.

La biodiversité, un enjeu majeur pour l’avenir de la planète

« La biodiversité est essentielle au bien-être humain, à la santé de la planète et à la prospérité économique de tous les peuples » rappelle le Cadre mondial de la biodiversité de 2022 dont un des objectifs est de « préserver, améliorer ou rétablir l’intégrité, la connectivité et la résilience de tous les écosystèmes ».

En France, ce cadre se traduit notamment par la trame verte, bleue et noire qui relève notamment de documents régionaux de planification et qui constitue une des réponses aux cinq crises mondiales interconnectées concernant la biodiversité, l’eau, l’alimentation, la santé et le changement climatique, que la communauté scientifique mondiale appelle à « affronter ensemble ».

Les 14 recommandations de FNE

Le suivi régulier mené par France Nature Environnement conduit la fédération à formuler 14 recommandations suivantes :

  • ✅ n°1. Informer et communiquer efficacement sur les actions mises en œuvre pour la biodiversité
  • ✅ n°2. S’appuyer sur le Comité régional de la biodiversité (ou ses équivalents) et sur les associations de protection de la nature et de l’environnement
  • ✅ n°3. Respecter les échéances et viser une amélioration continue pour les documents régionaux
  • ✅ n°4. Assurer l’appropriation des documents régionaux via une animation territoriale
  • ✅ n°5. Clarifier le libellé des parties les plus prescriptives des documents régionaux
  • ✅ n°6. Identifier rapidement les obstacles, points noirs, sources de fragmentation dans les documents régionaux et agir
  • ✅ n°7. Bien intégrer la TVBN dans les autres parties des documents régionaux (cartes, indicateurs, annexes)
  • ✅ n°8. Renforcer l’encadrement de l’éclairage artificiel nocturne et bien intégrer la trame noire
  • ✅ n°9. Proposer des dispositifs d’accompagnement de qualité pour les acteurs locaux
  • ✅ n°10. Augmenter le Fonds vert, créer une conférence des financeurs dans chaque région et valoriser les actions en faveur de la TVBN répondant aux cinq crises mondiales interconnectées
  • ✅ n°11. Défendre des fonds européens en faveur de la biodiversité et les mobiliser de façon optimale
  • ✅ n°12. Harmoniser les contrats de plan État-Région ainsi que les contrats pour la réussite de la transition écologique et renforcer leurs actions sur la biodiversité
  • ✅ n°13. Augmenter les recettes fiscales des Régions & mieux intégrer la biodiversité dans leurs instruments financiers
  • ✅ n°14. Généraliser un dispositif type « contrat Trame verte, bleue et noire » dans toutes Régions
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Montagne Mont Valier - Maxime Paquin FNE
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Cette analyse s’inscrit dans le prolongement de travaux antérieurs réalisés en mai 2021, en décembre 2022 et en décembre 2023.

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Publié le 13 décembre 2024 - mis à jour le 9 février 2026

Bâtir un réseau cohérent d’aires protégées couvrant au moins 30 % du territoire français, dont 10 % en protection forte, telle est l’ambition à 2030 de la stratégie nationale aires protégées (SNAP).

Pourtant, dès qu’un projet de création d’aire protégée est envisagé, des critiques émergent quasi systématiquement avec des vocables comme « mise sous cloche », « interdiction de toute activité économique », « mesures imposées sans concertation par des technocrates écolos », « politique qui ne rapporte rien » …

Évidemment, une aire protégée a pour vocation première la préservation de la biodiversité et du paysage. Mais elle ne peut être réduite à cette seule vocation, tant les dimensions qu’elle comporte sont multiples et les bénéfices qu’elle apporte à nos territoires et nos sociétés, nombreux.

Par exemple, alors que le nombre d’exploitations agricoles en France a chuté de 11 % entre 2016 et 2021, celui des exploitations ayant leur siège dans les parcs nationaux n’a diminué que de 1 %.

Sans chercher à idéaliser les aires protégées, France Nature Environnement revient ainsi sur plusieurs idées reçues et contre-vérités trop souvent entendues à leur sujet pour montrer qu’une aire protégée est avant tout un projet collectif pour un territoire, mobilisant habitants et acteurs territoriaux autour des biens communs que sont la nature et les paysages.

Les aires protégées contribuent à l’avenir de nos territoires et constituent un des outils pour répondre à l’appel de 2024 de la communauté scientifique mondiale à « affronter Ensemble Cinq Crises Mondiales Interconnectées en Matière de Biodiversité, d’Eau, d’Alimentation, de Santé et de Changement Climatique ».

La nature se débrouille toute seule, y a-t-il vraiment un intérêt à créer des aires protégées ?

Oui !

C’est vrai que la nature, avec toute la diversité biologique qui la compose, se trouve partout sur la planète, sous toutes les latitudes et à toute altitude. En tout lieu, du plus urbanisé au plus sauvage ou au plus désertique, on trouve toujours une trace de vie : un animal, une plante, un champignon, une bactérie… Ce qui pourrait laisser croire qu’il est inutile de se soucier de préserver la biodiversité.

Pourtant, la communauté scientifique mondiale alerte : « La nature décline globalement à un rythme sans précédent dans l’histoire humaine » ; « environ 1 million d’espèces sont déjà menacées d’extinction » ; « des effets graves sur les populations humaines du monde entier » (IPBES).

Imaginée dès la moitié du XIXe siècle, l’idée d’orienter les activités humaines sur une zone donnée pour éviter la dégradation ou la destruction, demeure éminemment moderne et un outil clé, adapté aux enjeux locaux, pour préserver et restaurer la nature.

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Paysage de vallée, vaches dans un pré et montagne en arrière plan
Paragraphes

Quelle différence entre « aire protégée » et « zone de protection forte » ?

Une aire protégée est « un espace géographique clairement défini, reconnu, consacré et géré, par tout moyen efficace, juridique ou autre, afin d’assurer à long terme la conservation de la nature ainsi que les services écosystémiques et les valeurs culturelles qui lui sont associés » (Page 60 de la Stratégie Aires protégées 2030)

« Aire protégée » est un terme générique qui englobe les différents outils de protection spatiale existant en France, chacun ayant ses objectifs propres et ses effets sur le territoire concerné et sur les activités humaines qui s’y exercent. Ces outils peuvent être de nature réglementaire, contractuelle, de maîtrise foncière ou issus de conventions et outils internationaux.

Environ trente outils sont considérés comme étant une aire protégée. La stratégie nationale aires protégées considère que d’autres outils pourraient être reconnus comme des aires protégées (site classé, espace naturel sensible, etc.) mais aucun ne l’a été jusqu’à présent.

« Est reconnue comme zone de protection forte une zone géographique dans laquelle les pressions engendrées par les activités humaines susceptibles de compromettre la conservation des enjeux écologiques sont absentes, évitées, supprimées ou fortement limitées, et ce de manière pérenne, grâce à la mise en œuvre d’une protection foncière ou d’une réglementation adaptée, associée à un contrôle effectif des activités concernées. » (Décret du 12/04/2022 du code de l’environnement).

Cette définition fixe ainsi plusieurs conditions pour qu’une aire protégée puisse être estimée comme ayant une protection forte. Ce n’est donc pas un nouvel outil de protection mais une sorte de reconnaissance de l’ambition et de l’efficacité de protection.

Les aires protégées, pourquoi en faire d’autres, il y en a trop !

Faux

En novembre 2024, les aires protégées couvrent 33,44 % du territoire terrestre et marin de la France, ce qui va effectivement au-delà de l’objectif de couverture de 30 % du territoire à l’horizon 2030 fixé dans le droit français. 

Toutefois, à cette date, les zones de protection forte ne concernent que 4,23 % du territoire, ce qui est encore loin de l’objectif de 10 % d’ici 2030.

Ces objectifs sont fixés seulement de façon partielle en cohérence avec les engagements internationaux (cible 2 du nouveau cadre mondial de la biodiversité Kunming-Montréal) et européens (Stratégie de l’Union européenne en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030) de la France.

Par ailleurs, l’analyse de ce réseau d’aires protégées montre qu’il couvre encore incomplètement les enjeux d’érosion de la biodiversité. 

Carte de France des zones à enjeux. Texte : sur 21% du territoire métropolitain, les zones à enjeu ne sont pas assez protégées

Source : Muséum national d’Histoire naturelle

 

Les aires protégées, un mille-feuille incompréhensible de technocrates

Vrai et faux

Parc national, réserve naturelle nationale, réserve naturelle régionale, site Natura 2000, site Ramsar… Il existe une trentaine d’outils de protection spatiale considérés, en France, comme des aires protégées et autant de sigles obscurs, donnant au réseau d’aires protégées une fausse image d’objet politique théorique imposé aux territoires et de mille-feuille administratif complexe lorsque plusieurs outils se superposent plus ou moins sur un même territoire.

Cependant, ces différents outils possèdent chacun leurs spécificités, permettant ainsi de choisir l’outil le plus adapté, au besoin en complément avec d’autres, pour répondre aux enjeux écologiques locaux et actionner les leviers de gestion, de réglementation et de mobilisation des acteurs les plus appropriés.

Les aires protégées mettent sous cloche 30 % du territoire

Faux

C’est vrai que la désignation d’une aire protégée n’est pas sans conséquence socio-économique. Mais de là à dire qu’elle empêcherait tout développement économique et toute activité humaine, il y a un pas. 

Même si l’on peut s’interroger ici sur la place laissée à la nature sauvage dans nos territoires ou a contrario sur la possibilité d’exploiter chaque centimètre carré de la Terre, regardons objectivement les effets des aires protégées dans les territoires.

Il existe certes des aires protégées dans lesquelles quasiment seule la recherche scientifique est tolérée. Mais celles-ci ne couvrent que 0,01 % du territoire (2024).

En dehors de ces aires, la conciliation des objectifs de protection avec le maintien des activités humaines est recherchée. Les différents statuts permettent une gradation dans l’encadrement des activités humaines, visant à limiter ou à interdire les activités destructrices et, a contrario, à valoriser celles qui sont favorables. Certains outils permettent aux acteurs locaux de bénéficier de contreparties financières.

De fait, les zones de protection fortes réglementent de manière plus ou moins stricte certaines activités humaines impactantes, ce qui peut aller jusqu’à l’interdiction. Mais cette réglementation est définie au cas par cas pour s’adapter aux réalités écologiques du territoire concerné et diverses activités humaines restent permises.

À l’opposé de l’idée reçue considérant que cette réglementation ferait disparaître toutes les activités humaines, les zones de protection forte contribuent à en maintenir certaines. En effet, alors que le nombre d’exploitations agricoles en France a chuté de 11 % entre 2016 et 2021, celui des exploitations ayant leur siège dans les parcs nationaux n’a diminué que de 1 %.

Les 33,44 % du territoire couverts, en 2024, par une aire protégée sont essentiellement composés par des parcs naturels régionaux (PNR) et des sites Natura 2000. Ces deux statuts sont peu contraignants et procèdent principalement par des contrats et des partenariats pour maintenir et développer des activités favorables à la nature.

Près de 4,4 millions d’habitants résident dans les PNR. La surface urbanisée représente 1,9 % des PNR et 1 % des sites Natura 2000. La densité touristique est en moyenne deux fois plus élevée dans les communes « Natura 2000 » que dans les autres (2009).

Des infrastructures de transport ont même été construites en traversant des PNR et des sites Natura 2000, ce qui peut tout de même interroger…

Même si elles ne le mettent pas sous cloche, les aires protégées n’apportent que des contraintes dans un territoire

Faux 

Les aires protégées permettent une gestion fine du territoire, avec l’objectif premier de préserver, dans l’intérêt général, la biodiversité, tout en intégrant d’autres enjeux locaux.

Ainsi, au-delà de la biodiversité, les aires protégées sont bénéfiques pour nos sociétés. Elles offrent des services écosystémiques, contribuent à la lutte contre le changement climatique, améliorent la connaissance de nos territoires, contribuent à la recherche scientifique, proposent des actions de découverte de la nature et participent à la préservation des patrimoines architectural, culturel et gastronomique. Par exemple, il existe des méthodes pour évaluer la valeur ajoutée d’une réserve naturelle.

Les actions liées à la connaissance et à la recherche scientifique permettent d’évaluer « l’état de santé » des espèces sauvages et des habitats naturels, de mesurer les impacts positifs ou négatifs des activités humaines pour améliorer leur compatibilité avec la préservation de la nature. Elles permettent aussi de mieux comprendre le fonctionnement de notre planète pour mieux agir et pour développer des activités humaines résilientes, notamment face aux risques naturels et aux maladies dans un contexte de changement climatique. 

Les aires protégées sont bénéfiques pour l’économie

Vrai

Peu d’études concluent qu’une aire protégée constitue globalement un frein au développement économique local. Les retombées positives seraient variables selon les secteurs d’activités et davantage liées notamment à la mise en place de labels locaux. L’établissement d’une aire protégée semble, du moins à long terme et de manière globale, plutôt bénéfique pour l’économie locale (étude 2021).

Ces espaces permettent aussi aux activités qui s’y déroulent de préparer les pratiques de demain. Par exemple, le réseau des Parcs nationaux mesure déjà des effets des changements climatiques, contribue à les suivre et met en place des actions concrètes pour essayer de les atténuer et de mieux s’y adapter.

Les aires protégées nient le travail de l’homme !

Faux

Certes, les enjeux de biodiversité sont prépondérants dans les aires protégées. Mais la place de l’Homme et des activités humaines n’est pas niée pour autant, y compris au sein des zones de protection forte comme les réserves naturelles.

En effet, certains écosystèmes sont issus de la relation Homme-Nature. Ainsi, plusieurs pratiques traditionnelles ou des pratiques réalisées selon un cahier des charges précis contribuent à la préservation de la biodiversité. C’est le cas notamment de l’entretien de milieux ouverts (pâturage, fauche), nécessaire pour éviter leur fermeture, souvent réalisé par des agriculteurs qui peuvent valoriser leur production grâce à l’aire protégée où ils exercent.

Enfin, pour assurer leurs missions, les gestionnaires d’aires protégées disposent d’équipes professionnelles : environ 2 700 agents dans les PNR, 800 emplois équivalents temps plein (ETP) dans les Parcs nationaux (PN), près de 800 ETP dans les réserves naturelles (RN), plus de 1 300 salariés dans les Conservatoires d’espaces naturels (CEN), 900 gardes du littoral, 125 emplois permanents dans les Parcs naturels marins (PNM). Certains gestionnaires ont même développé différents métiers (référentiels PN, RN, PNR, conservatoire du littoral).

Les aires protégées ne sont pas démocratiques !

Faux

  • Les objectifs de création d’aires protégées et de zones de protection forte à 2030 découlent d’une loi votée par le Parlement.
  • La procédure de création prévoie une association des parties prenantes (notamment des collectivités territoriales) en amont et/ou la consultation des principaux acteurs concernés et/ou la consultation du public.
  • Pour la plupart des aires protégées, un comité ad hoc ou un organisme réunissant les parties prenantes est créé pour assurer la gestion et le suivi de cette aire protégée. Les connaissances et les savoir-faire des populations locales peuvent ainsi alimenter la définition et la mise en œuvre de mesures de gestion.

Ainsi, en application des modalités de gouvernance de chaque aire protégée, les acteurs concernés et la population peuvent intervenir et donner leur avis. Ce qui est évidemment un point essentiel : la réussite d’une aire protégée dépend de sa capacité à dialoguer et à s’insérer dans son territoire.

Par ailleurs, la création d’aires protégées est largement plébiscitée par la population française.

Les aires protégées sont des espaces privilégiés pour la transition écologique

Vrai

Il n’est plus possible de réfléchir à l’organisation de nos sociétés et aux activités humaines sans prendre en compte la préservation de l’environnement et de la biodiversité.

Différentes conventions internationales, que ce soit sur la biodiversité ou sur le climat, tentent de traduire en actions la prise de conscience mondiale de la nécessité de préserver notre planète et donc d’adapter nos modes de vie.

Dans ce cadre, les aires protégées contribuent à l’avenir de nos territoires et génèrent une dynamique territoriale et collective permettant d’« affronter Ensemble Cinq Crises Mondiales Interconnectées en Matière de Biodiversité, d’Eau, d’Alimentation, de Santé et de Changement Climatique ».

Ainsi les aires protégées constituent l’un des moteurs de la transition écologique des territoires, en montrant que, même en interdisant ou en réglementant certaines activités, un dynamisme économique orienté vers un faible impact sur l’environnement peut être au rendez-vous (exemple : parcs nationaux). D’autres aires protégées, comme les parcs naturels régionaux ou les sites Natura 2000, constituent des outils pour aider les acteurs des territoires à maintenir des pratiques favorables à la biodiversité et à en réorienter d’autres vers la transition écologique. Les équipes de gestionnaires permettent d’animer et de conseiller.

Des financements, notamment européens, permettent d’aider à s’inscrire dans d’autres modèles économiques et à maintenir et créer des emplois non délocalisables.

Cependant, il est toujours aussi difficile de créer des aires protégées. C’est pourquoi nous espérons que les informations fournies pour répondre à ces quelques questions vous donneront une autre vision des aires protégées et que nous pourrons avancer collectivement dans un climat apaisé pour créer de nouvelles aires protégées et ainsi répondre aux enjeux de l’avenir de notre planète, de nos sociétés et de nos enfants !