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Tous les rapports sur l’état de la nature en Europe sont clairs : les activités humaines continuent de provoquer l’effondrement des écosystèmes dont nous avons besoin pour vivre. Pourtant, nos gouvernements et une partie de nos représentant·es au Parlement européen s’acharnent à détruire le peu de réglementation environnementale dont nous disposons, pour favoriser les profits immédiats des lobbys industriels au détriment de notre santé et de nos moyens de subsistances. Mobilisez-vous avec nous, pour sauver l’humain et la nature !

L’Europe brûle et s’empoisonne, et elle regarde ailleurs

Nos systèmes de production et de consommation, notamment l’agriculture et la sylviculture intensives, provoquent le déclin de la biodiversité dans tous les écosystèmes terrestres, aquatiques et marins de l’Union européenne. Ces activités provoquent pollutions, destruction d’espèces, et changements d’affectation des terres. Les pressions sur la nature sont telles que sa dégradation met aujourd’hui en danger nos modes de vie et nos systèmes de productions les plus fondamentaux : sécurité alimentaire et approvisionnement en eau, fourniture de matériaux et d’énergie, etc.

80 % des habitats protégés sont en mauvais état, et 60 à 70 % des sols sont dégradés. Les ressources en eau sont polluées, et nos corps contaminés par des polluants éternels. Dans le même temps, nous maintenons une consommation matérielle moyenne par habitant insoutenable, bien plus élevée que dans le reste du monde. Ajoutez à cela que l’Europe est le continent qui subit la plus rapide hausse de températures liée au changement climatique, menaçant directement notre sécurité, notre santé, nos écosystèmes, nos infrastructures et notre économie.

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Un coût économique bien plus lourd qu’il n’y parait

Dans l’UE, près de ¾ des entreprises dépendent fortement des biens et services rendus par les écosystèmes, et les ¾ des prêts bancaires sont consentis à des entreprises qui ont cette dépendance. L’effondrement de la biodiversité, causé par nos activités, met en péril d’effondrement notre système économique et financier.

Aujourd’hui, nous observons déjà les coûts sanitaires et environnementaux de notre inaction et des décisions prises. Rien que la mauvaise application du droit environnemental en UE coûte près de 180 Mds€/an :

  • pertes de productivité
  • impacts sanitaires et frais de santé
  • coûts de dépollution
  • réparations des catastrophes environnementales

Ces 180 milliards par an, ce sont des coûts répercutés sur les acteurs qui portent les finances de l’UE : les citoyennes et citoyens.

Malgré tout cela, la Commission européenne, nos gouvernements, et une majeure partie de nos eurodéputé·es favorisent les intérêts de lobbys, et détruisent les fondations de l’ambition environnementale de l’UE. Pourtant, les bienfaits de la compétitivité économique qu’ils défendent sont minuscules, comparativement aux coûts collectifs que nous subissons.

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Terre craquellée, sécheresse avec drapeau européen
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Simplifier la vie des industriels, et simplifier la mort de la nature (et la nôtre)

Depuis le renouvellement du Parlement et de la Commission européenne à l’été 2024, l’Union européenne s’est lancée dans un grand chantier de “simplification” dont le vrai sens est vite devenu “dérégulation environnementale”.  Dans l’optique de faire économiser aux entreprises 6.3 Mds€/an, et 37.5 Mds€/an en charges administratives, la Commission coupe dans tous les textes forts de la mandature précédente, et le Parlement vote ces modifications, aux dépends de notre santé, de notre environnement, et de la crédibilité politique de l’Union européenne sur la scène internationale. Cette simplification se fait par le biais d’objets législatifs techniques mais désormais redoutés : les « paquets omnibus ».

Simplification ? Mon oeil ! : demandez le rapport

Embouteillage d’omnibus

Un « omnibus européen », ou « paquet omnibus » est un texte qui regroupe des modifications de plusieurs textes existants. En à peine deux ans, il y a eu au moins une dizaine de paquets omnibus. Parmi ceux-ci, nous avons vu passer :

  • Omnibus 1 & 2 : report de la mise en œuvre et affaiblissement du devoir de rapportage et du devoir de vigilance pour les entreprises et leurs chaînes d’approvisionnement. On ferme les yeux sur la protection de la santé, des droits sociaux, et des écosystèmes dans nos chaînes d’approvisionnements en UE et à l’international.
  • Omnibus 3 : on “simplifie” les politiques agricoles de l’UE en réduisant considérablement les critères environnementaux de la PAC. Au lieu de soutenir les paysans dans leurs activités agroécologiques, on supprime la protection des zones humides et autres écosystèmes indispensables à la résilience climatique et au maintien de la biodiversité, dont dépend directement l’agriculture.

Et au cœur de l’actualité, se joue aujourd’hui une bataille sur l’omnibus VIII sur l’environnement, et l’omnibus X, sur la sécurité alimentaire.

Omnibus VIII sur l’environnement : accélérer les permis pour raser les écosystèmes plus rapidement

Ce paquet législatif, proposé en décembre 2025, vise à simplifier les procédures pour les industriels qui souhaitent mener des projets dans nos territoires. Au cœur de l’omnibus : un règlement « visant à accélérer les évaluations environnementales ». Sous un affichage purement technique et administratif, le texte attaque les règles qui permettent aujourd’hui de mener des projets acceptés par les populations et cohérents avec les enjeux sociaux ou environnementaux des territoires qui les accueillent.

De beaux cadeaux pour les projets d’aménagement

Les lobbys industriels ont osé tout demander, et ils ont tout obtenu ! Notamment :

  • des procédures accélérées pour les “secteurs stratégiques” (par exemple : les datacenters pour l’IA, les aéroports, les autoroutes, les usines…)
  • des approbations tacites
  • la facilitation de la destruction d’espèces protégées
  • la réduction de la qualité des débats et de l’information du public
  • la restriction de l’accès à la justice pour contrer des projets vraisemblablement illégaux, ce qui est contraire à la Constitution française

Paradoxalement, ces propositions constituent autant des risques pour la nature et les humains, que pour les industriels eux-mêmes. En voulant trop accélérer et survoler des procédures importantes, qui permettent de s’assurer de la légalité des projets et de l’acceptation du public, l’administration et les lobbys s’exposeront à bien plus de plaintes. Là encore, les forces politiques majoritaires à la Commission et au Parlement risquent de provoquer des coûts immenses pour l’ensemble de la société et de la nature, sous prétexte d’aider la compétitivité.

L’omnibus environnement s’inscrit dans un contexte plus global, au niveau européen, dans lequel les forces politiques de droite et d’extrême-droite tentent de pousser un narratif qui méprise la nature et qui met le profit économique au-dessus de tout. L’UE a déjà dans ses tiroirs des projets de dérégulation des Directives les plus importantes et les plus anciennes pour la protection de la nature : les Directives Habitats, Oiseaux, et la Directive-Cadre sur l’Eau.

Omnibus X sur la sécurité alimentaire : l’assurance de manger et de boire encore plus de pesticides

L’Union Européenne se prépare à voter l’omnibus sur la « sécurité alimentaire », autrement appelé “omnibus pesticides”. Qu’il s’agisse de la Commission Européenne ou du Conseil de l’Europe, les mesures proposées, si elles étaient adoptées, seraient dévastatrices pour notre environnement et notre santé.

Cliquez ici pour retrouver notre dossier sur les pesticides

Un boulevard pour les pesticides les plus mortifères

Parmi les nombreuses régressions proposées, les durées d’autorisation d’utilisation des pesticides pourraient devenir illimitées. Aujourd’hui, elles sont de 10 ou 15 ans. Au-delà de ce délai, les industriels doivent déposer une nouvelle demande d’autorisation, assortie de nouvelles études, dont l’évaluation de la toxicité de la substance. Ces réévaluations périodiques, avec toutes les failles qu’elles comportent, ont néanmoins permis d’écarter du marché européen le chlorpyrifos, le chlorothalonil et le mancozèbe pour leurs impacts inacceptables pour l’environnement ou l’être humain.

Et si la Commission ouvre déjà la porte à de telles régressions de nombreux élus au Parlement européen tentent aujourd’hui de faire bien pire.

Les eurodéputé·es au service des industries de la chimie

Les amendements proposés par le Parlement européen au texte de la Commission livrent nos territoires à une exposition massive aux pesticides les plus dangereux. En effet, ces amendements suppriment la capacité de chaque État membre à interdire sur son territoire les produits les plus nocifs. Comment ? En prévoyant, par exemple, des dérogations de longue durée pour des substances déjà interdites.

La communauté scientifique ne cesse pourtant d’alerter sur les atteintes irréversibles des pesticides à la biodiversité, ainsi que leur rôle dans l’augmentation de nombreuses pathologies, notamment certains cancers et maladies neurodégénératives.

Malgré des marges de progrès certaines, la réglementation actuelle protège en partie notre santé et notre environnement. Or, ce texte s’attaque à tous les garde-fous actuellement en place pour protéger la santé et l’environnement des effets des pesticides.

La destruction des directives « nature »

En 2016, l’Union européenne avait soumis les directives “nature”, c’est dire les Directives Habitats et Oiseaux, et la Directive-Cadre sur l’Eau, à une évaluation dont les conclusions étaient qu’elles étaient tout à fait adaptées mais qu’il fallait renforcer leur mise en œuvre. Dix ans plus tard, l’UE revient avec une proposition similaire : un “stress-test” pour évaluer ces directives au regard des enjeux de compétitivité économique.

Sans même attendre les résultats de cette évaluation, l’omnibus environnement de la Commission attaque le régime de protection des espèces, et le Conseil envisage un déjeuner pour débattre de la balance entre protection de la nature et compétitivité. En toute ignorance des réalités scientifiques et des attentes sociétales, l’Union européenne accélère donc encore sa course à la destruction du vivant.

Une bataille pour nos vies

Donnez une voix à la nature : pétition #HandsOffNature

Ne laissons-pas les lobbys gagner la bataille contre le vivant. France Nature Environnement et une très large coalition d’associations européennes ont lancé la campagne #HandsOffNature pour faire entendre la voix des citoyennes et citoyens en révolte pour la nature et pour l’humain. Rejoignez les 900 000 personnes ayant signé la pétition, sur sauvonslanature.fr.

Je signe la pétition

Marchez contre la course aux pesticides les 10 et 11 octobre

France Nature Environnement, appelle à un rassemblement massif les 10 et 11 octobre prochain, en amont du vote au Parlement européen, aux côtés d’une centaine d’organisations paysannes, syndicales, médicales et de santé environnementale, de collectifs de médecins, de victimes de pesticides, de scientifiques, de mutuelles.

Rejoignez-nous et exprimons ensemble :

  • notre refus d’une exposition toujours plus massive aux pesticides
  • notre volonté de protéger la santé humaine et les écosystèmes
  • notre détermination pour un modèle agroalimentaire capable de nous nourrir en respectant les populations, les travailleurs et travailleuses, et les écosystèmes

Votre implication est essentielle pour inverser le rapport de force, et pousser les eurodéputé·es à voter contre ce texte !

Trouver une mobilisation près de chez moi

En France, les épisodes de sécheresse se multiplient, et tendent à devenir une nouvelle réalité. Les projections pour les décennies à venir sont claires : avec le changement climatique, elles seront plus fréquentes, plus intenses et souvent plus longues. Chaque année, des territoires toujours plus nombreux font face à des restrictions des usages de l’eau, révélant la fragilité de notre modèle de gestion de cette ressource essentielle.  

Qu’est-ce qu’une sécheresse ? Pourquoi ces épisodes se répètent-ils avec une telle intensité ? Et surtout, quelles solutions existent pour mieux prévenir ces crises et s’y adapter ? Dans ce dossier, nous faisons le point sur ces phénomènes, les raisons de leur aggravation et les actions à mettre en œuvre pour préserver durablement l’eau.

Sécheresses : de quoi parle-t-on ?

La sécheresse, c’est une question d’eau. Quand on parle de sécheresse, on distingue :  

  • La sécheresse météorologique : “il ne pleut pas”, un déficit de précipitations prolongé affecte un territoire
  • La sécheresse agronomique : “les sols sont secs”, le manque d’eau affecte le développement de la végétation 
  • La sécheresse hydrologique : “il n’y a plus d’eau dans les rivières”, les niveaux des nappes souterraines et le débit des cours d’eau diminuent ; les milieux aquatiques sont impactés et leur fonctionnement naturel est perturbé.  

On associe souvent la sécheresse à la chaleur. Cependant, une sécheresse n’est pas nécessairement synonyme de canicule, et une canicule n’est pas nécessairement synonyme de sécheresse. Toutefois ces deux phénomènes se cumulent souvent, et s’amplifient mutuellement. En effet, au-delà du manque de précipitations, une augmentation des températures entraîne un assèchement de l’air en surface et un accroissement de l’évaporation des sols et de la transpiration des plantes. 

Les écosystèmes sont normalement tout à fait capables de gérer ce type d’épisodes. Le problème, c’est que des décennies d’aménagements et de prélèvements les ont poussés au bout de leur capacité de résilience. Et les conséquences de ces choix se font douloureusement ressentir aujourd’hui. 

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photo d'une fleur jaune qui a poussé sur un sol craquelé
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La recette des sécheresses à répétition 

Aménagements et mauvaise gestion des sols 

L’artificialisation des sols joue un rôle primordial dans les problèmes d’eau que nous rencontrons. Les sols des zones urbaines sont aujourd’hui largement imperméabilisés, ce qui empêche l’eau de s’infiltrer, et donc d’aller remplir les réserves souterraines. 

Il en va de même pour les sols agricoles, dont la surface agricole utile (SAU) occupe 52 % du territoire hexagonal : destruction de la structure des sols, destruction des zones humides et des haies qui permettaient l’infiltration de l’eau… Or, un sol vivant et en bon état comme une éponge, tandis qu’un sol en mauvais état laisse glisser l’eau sans la retenir : l’eau va gonfler les cours d’eau, provoquant parfois des inondations, et va rejoindre les océans sans avoir le temps de s’infiltrer.  Le mauvais état de nos sols a contribué à accélérer le cycle de l’eau, alors qu’il faudrait le ralentir. C’est pourquoi sécheresse et inondations sont les deux faces d’une même pièce !

Voir le dossier « Inondations : enjeux et solutions »

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Stocker l’eau ? La fausse bonne idée !

“Yaka stocker l’eau”, pourrait-on penser ? La nature fait cela très bien et gratuitement ! Pour peu qu’on lui en donne l’occasion. Au contraire, les retenues d’eau artificielles aggravent les sécheresses qu’elles sont censées combattre : en Espagne, une récente étude a montré que les bassins versants comportant le plus de barrages sont aussi ceux qui connaissent le plus de sécheresses. Par ailleurs, le stockage crée un cercle vicieux de surconsommation de l’eau.

Faut-il stocker l’eau pour résoudre la sécheresse ? Voir le dossier « Irrigation, le vrai-faux »

Notre système agricole consomme trop d’eau

Eau potable, sécurité incendie, tourisme, refroidissement des centrales nucléaires, industrie, agriculture, hydroélectricité… Pour toutes ces activités, nous utilisons de l’eau douce. La plupart d’entre elles restituent une grande partie de l’eau aux milieux, parfois après traitement, et de plus ou moins bonne qualité. À l’inverse, l’irrigation ne restitue pas l’eau, et le stockage de l’eau mène à des pertes de quantité (évaporation), et aussi de qualité (l’eau stockée chauffe, des algues se développent, etc.).  

Par ailleurs, l’irrigation de certaines cultures céréalières, comme le maïs, ponctionne une grande quantité d’eau au moment le plus critique : l’été. Tout cela relève de choix : certains modes de culture sont soutenus pour leur rendement, mais nous coutent très cher en eau.

Voir le dossier « Irrigation, le vrai-faux »

Si nous continuons à prélever plus que ce que les milieux ont la capacité de délivrer, à la fois pendant les hautes eaux, où les réserves se reconstituent, et dans la période de basses eaux (mai à novembre), où la ressource est en tension, les sécheresses seront inévitables. Et elles seront aggravées par l’absence de pluie. On estime qu’à l’horizon 2050, les débits moyens annuels pourraient diminuer de l’ordre de 10 % à 40 % et la vitesse de recharge des nappes de 10 à 25 %. L’évolution des ressources en eaux disponibles dépend donc du changement climatique, mais aussi, et pour beaucoup, des décisions politiques à venir. 

Quelles solutions pour s’adapter ?

Moins prélever, adapter les usages : l’indispensable sobriété

La sobriété est un impératif. Dans son étude prospective sur l’eau en 2050, le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan indique que :

“la situation hydrique devrait être amenée à se dégrader entre les horizons 2020 et 2050, non seulement en été, mais aussi en hiver, dans la très grande majorité de la France hexagonale. Il faut voir là l’effet combiné d’une diminution de la ressource en eau et d’une augmentation de la demande en prélèvements et surtout en consommations. Ces constats appellent à planifier dès aujourd’hui les transformations des pratiques qui permettront de limiter les pressions sur les écosystèmes et les conflits entre les différents usages de l’eau.»

De son côté, la Cour des Comptes exprime dans la conclusion de son rapport sur la gestion quantitative de l’eau de 2023 que : 

“[…] la réduction des prélèvements apparaît comme l’unique solution à même de résoudre à court terme le problème fondamental du déséquilibre entre la disponibilité de la ressource et le niveau de ces prélèvements”

Rétablir l’équilibre en restaurant les écosystèmes 

S’adapter aux sécheresse passe par la restauration des écosystèmes, afin qu’ils retrouvent leurs fonctionnalités naturelles. De nombreuses solutions existent : 

  • Protéger et restaurer les milieux qui stockent naturellement l’eau, notamment les zones humides (mares, tourbières, végétation des rives…), qui fonctionnent comme des éponges naturelles. Elles stockent l’eau, atténuant les inondations, et la restituent aux milieux en cas de sécheresse. Elles constituent aussi des points d’infiltration de l’eau vers les nappes souterraines, et s’avèrent très bénéfique pour la biodiversité. 
  • Restaurer les cours d’eaux et leur fonctionnement naturels : des méandres pour ralentir les écoulements, de la végétation sur les rives (ripisylves) pour limiter le réchauffement de la rivière, des lits élargis pour améliorer les échanges avec les nappes souterraines… de nombreuses solutions existent pour favoriser les fonctionnements naturels des cours d’eaux.   
  • En zone urbaine, désartificialiser les sols et limiter les nouvelles artificialisations. Un sol perméable favorise l’infiltration des eaux, ce qui limite les inondations l’hiver et les sécheresses l’été. 
  • En zone agricole, replanter des haies, des arbres, des bosquets, redessiner les champs en cassant les pentes, quand c’est possible, pour atténuer le ruissellement…  Outre la restauration de ces infrastructures naturelles, le passage à des techniques d’agroécologie favorisant les sols vivants est indispensable. Limiter ou supprimer le travail du sol, réduire les pesticides et les engrais de synthèse, se tourner vers des variétés et des pratiques agronomiques qui maximiseront la capacité des sols à stocker et infiltrer l’eau : l’agroécologie est une alliée face aux sécheresses !

Moins gaspiller et mieux partager l’eau

Lorsque l’eau vient à manquer et que les restrictions se mettent en place, la tension entre usages s’amplifie. Dans les régions où les seuils d’alertes sont dépassés chaque année, la gestion de crise devient la norme et révèle notre gros besoin d’adaptation. C’est pourquoi il est nécessaire de : 

  • Savoir où va l’eau : quel usage consomme quelle quantité, et sur quelle période ? Ces informations permettent de piloter plus finement et dans la transparence la ressource disponible, et d’objectiver les besoins et les efforts de chaque secteur. 
  • Développer toute l’année les mesures qui permettent de diminuer notre consommation d’eau : au moment de la crise, c’est déjà une pression de moins qui s’exerce sur la ressource.
  • Renforcer la communication, la pédagogie, mais aussi les contrôles et les éventuelles sanctions en matière de restriction d’eau. La Cour des Comptes relève que les infractions environnementales liées à l’eau sont finalement très rarement sanctionnées.  Or un Droit de l’›environnement efficace est un droit de l’environnement qui s’applique. 
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À retenir :

La répétition et l’intensité des sécheresses met en lumière l’inadaptation de nos usages, qui ne tiennent pas compte de l’état de nos ressources, du fonctionnement du cycle de l’eau et des connaissances scientifiques. Face à cette évolution, malheureusement durable, la sobriété, la remise en cause du modèle agricole et la préservation des écosystèmes s’imposent aujourd’hui comme les principales solutions de sortie de crise.

Pour aller plus loin :

Édité par l’Association Syndical du Canal de Manosque (ASCM) avec l’appui technique de FNE 04 et la participation du CPIE Alpes de Provence et des Petits Débrouillards, ce livret est fait pour valoriser la restauration du site de l’ancienne turbine du Canal de Manosque et pour faire le lien entre la gestion de l’eau dans le passé, le présent et le futur. 

Ce livret sert de support lors des visites du site de la turbine, en retraçant l’évolution du lien entre l’homme et l’eau, avec la turbine comme témoin emblématique de l’essor industriel du XIXème siècle. En partant de la Durance, la rivière la plus importante de la Région Sud, et de ses milieux naturels, ce livret aide les visiteurs à voyager à travers le temps et à comprendre les liens complexes entre la nature et les activités humaines, tout en invitant à réfléchir à la cohabitation fructueuse et bénéfique pour tous.

Ce livret fait partie du projet qui a bénéficié du soutien financier de l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, à hauteur de 15 000 €.

L’agence de l’eau est un établissement public de l’État qui œuvre pour la protection de l’eau et des milieux. Elle perçoit des taxes sur l’eau payées par tous les usagers et les réinvestit auprès des maîtres d’ouvrages (collectivités, industriels, agriculteurs et associations) selon les priorités inscrites dans son programme «Sauvons l’eau 2025-2030». 

logo Agence de l'Eau RMC
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couverture du livret La Turbine, le Canal et la Durance
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Depuis près de 150 ans, le Canal de Manosque fait partie de l’histoire commune. Il traverse le territoire, façonne les paysages et accompagne, jour après jour, la vie des habitants. Pourtant, son rôle et sa richesse restent trop souvent méconnus.

Face au risque d’effondrement de l’ancienne usine hydraulique de la Montée des Bassins à Manosque, une part de notre mémoire collective risquait de disparaître : celle de l’arrivée de l’eau, de l’éclairage public et des grandes transformations qui ont marqué notre territoire au début du XXème siècle. Il était essentiel d’agir ensemble pour la préserver.

Dans un contexte de dérèglement climatique, préserver ce patrimoine n’est pas seulement un devoir de mémoire : c’est un choix d’avenir, pour affirmer l’importance de l’eau dans nos vies et transmettre aux générations futures un savoir et des valeurs.

Au-delà de sa valeur économique, ce patrimoine porte des enjeux environnementaux, sociaux et culturels qui nous concernent tous. 

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FNE Alpes de Haute-Provence
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Association Syndicale du Canal de Manosque
CPIE Alpes de Provence
Les Petits Débrouillards
Avec le soutien financier de l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse
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« Il faut acheter du bio mais c’est hors de prix » 
« On ne peut plus manger de la viande sans être regardé de travers » 
« Il y a trop de normes et de régulations les agriculteurs n’en peuvent plus » 
« La France doit être un leader de l’agriculture et nourrir le monde, … »

Vous aussi les débats sur l’agriculture et l’alimentation, ça vous démange ? Téléchargez notre dépliant sur le sujet, pour pouvoir en parler de façon apaisée !

Découvrez nos ressources pratiques pour parler d'environnement en cliquant ici
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Ça vous démange ? Spécial agriculture et alimentation aperçu
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FNE lance son premier dépliant de la série «Ça vous démange ?», illustré par Allan Barte, pour vous aider à parler de nature et d’environnement avec vos ami·es, votre famille ou vos collègues.

Plus de ressources à retrouver ici

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Cette note technique présente les outils que peuvent mobiliser les collectivités pour prévenir les pollutions de l’eau d’origine agricole. Après une remise en contexte avec quelques chiffres-clefs, le document liste en préambule quelques questions que l’élu·e peut se poser à propos des aires d’alimentation des captages de son territoire.

Puis les outils sont présentés avec leurs références réglementaires :

  • outils fonciers
  • outils financiers
  • outils économiques

Nous rappelons à l’élu·e que la protection des captages est aussi de la responsabilité de l’État, et que le préfet dans son département, sa région ou son bassin peut et doit mettre en place des mesures quand la reconquête de la qualité de l’eau n’est pas atteinte.

Ces éléments sont issus des travaux menés au sein de notre fédération, et portés auprès des institutions et des instances de concertation aux niveaux national et local. Nous nous appuyons largement sur les retours et propositions des associations de collectivités, ainsi que sur les nombreux rapports des inspections ministérielles, de la cour des comptes ou encore de la représentation nationale au Sénat et à l’Assemblée nationale.

Cliquez ici pour découvrir les solutions pour agir localement

Vous êtes citoyen·ne et vous souhaitez interpeller votre maire sur ce sujet ? Plus d’information à retrouver sur Boire de l’eau potable : en finir avec les pesticides

Vous êtes maire ou en charge de la qualité de l’eau et vous souhaiter avoir plus d’information et/ou échanger avec nous.

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D’autres ressources, publiées par les associations du mouvement FNE et ses alliés, sont disponibles en ligne ci-dessous. 👇

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Aperçu des ressources fournies sur l'eau
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Plus de ressources pour agir

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Photovoltaïque : France Nature Environnement réaffirme son engagement pour un avenir 100 % renouvelable, sobre et souverain.

Face à l’urgence climatique, aux risques géopolitiques, FNE défend un mix énergétique fondé sur la sobriété, l’efficacité et le développement des énergies renouvelables comme le photovoltaïque.

Ce dernier joue un rôle clé dans la transition vers un système énergétique 100% renouvelable, à condition que son déploiement respecte les écosystèmes, les sols et la biodiversité.

Notre vision

Un mix énergétique 100 % renouvelable d’ici 2050, sans nucléaire ni énergies fossiles, est non seulement nécessaire, mais aussi réaliste comme le démontre de nombreux scénarios de prospectives. Il serait également plus souverain et moins coûteux.

Pour y parvenir, le photovoltaïque doit s’inscrire dans une démarche vertueuse, évitant l’artificialisation des terres et privilégiant les installations sur les toitures, les terrains pollués, dégradés et les parkings.

Ce document expose nos recommandations pour concilier accélération du solaire et préservation de l’environnement.»

Pour en savoir plus sur le photovoltaîque découvrez notre dossier en cliquant ici
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Photo de panneaux solaire
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Cette synthèse datant de mars 2026 permet de comprendre rapidement le positionnement complet et nos recommandations détaillées pour un photovoltaïque efficace, juste et respectueux de la biodiversité.

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FNE Occitanie Pyrénées propose un outil pédagogique sur les sols : le mur du Sol Vivant.
Cet outil grand format (bâche souple de 2m x 2,5m avec 8 œillets), représente un sol en coupe, illustré de manière pédagogique et immersive. Il met en lumière les fonctionnalités du sol vivant : l’organisation des différentes strates, l’activité des organismes du sol, la circulation de l’air et de l’eau, ainsi que les processus essentiels comme la décomposition, la formation de l’humus ou le stockage du carbone.

Grâce à une iconographie détaillée, le visiteur découvre comment le sol agit comme une véritable éponge naturelle, régule les flux d’eau, soutient la biodiversité visible et invisible, et contribue au captage du carbone, jouant ainsi un rôle majeur dans l’atténuation du changement climatique et la bonne santé du vivant.

Pensé pour être utilisée en autonomie comme en support d’animation, le mur du sol vivant offre plusieurs niveaux de lecture, accessibles aussi bien aux novices qu’aux publics avertis.

En 2026, un jeu sérieux viendra compléter cet outil, permettant de prolonger la découverte par l’expérimentation et la coopération. Ensemble, le mur et le jeu offriront une expérience complète pour comprendre et valoriser l’indispensable sol vivant.

Vous pouvez louer ou acheter cette exposition pédagogique, les détails étant indiquée dans le catalogue pédagogique disponible ici.

Pour toutes demandes complémentaires contactez FNE Occitanie Pyrénées.

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Image du mur du Sol Vivant de FNE Occitanie Pyrénées
Modalités de mise à disposition
Précisions - Modalités de mise à disposition
  • 1 prêt gratuit par an pour les associations adhérentes à FNE Occitanie Pyrénées
  • Tarif de location à la semaine :
    - 50€ pour les établissements scolaires
    - 100€ pour les adhérents
    - 150€ pour les collectivités
    - 300€ pour les entreprises
  • Tarif d’achat sur devis (format physique ou numérique)
Association
Logo de FNE Occitanie Pyrénées
FNE Occitanie Pyrénées
Site web de FNE Occitanie Pyrénées
Référent
Boutin Alexandre
a.boutin@fne-op.fr
Partenaires de l'outil
La région Occitanie

Publié le 16 juillet 2019 - mis à jour le 25 juin 2025

Alors que les risques des pesticides pour la santé et l’environnement sont de mieux en mieux connus et documentés, leur utilisation continue d’augmenter, avec des dizaines de milliers de tonnes vendues chaque année. Qu’est-ce qu’un pesticide ? Herbicides, fongicides, insecticides… Comment ces produits agissent-ils ? Quels sont leurs impacts ? Et pourquoi continuent-ils malgré tout à être si largement utilisés ? France Nature Environnement fait le point sur ce dossier sensible.

C’est quoi un pesticide ? Pourquoi sont-ils autant utilisés ?

Néonicotinoïdes, diméthoate, glyphosate, SDHI, pyréthrinoïdes… Les pesticides, aussi connus sous le nom de produits phytosanitaires ou phytopharmaceutiques pour les végétaux, et de biocides pour les humains, les animaux et les matériaux, regroupent des centaines de substances actives aux noms barbares, d’origine naturelle ou synthétique.

Quand on parle de pesticide, on peut évoquer soit la molécule, synthétisée chimiquement ou d’origine naturelle, c’est-à-dire la substance active, soit le produit contenant cette substance active, qui associe d’autres composants. 

Ils sont principalement utilisés dans l’agriculture afin d’assister la croissance des cultures, d’éloigner, détruire, attirer, repousser, rendre inoffensifs ou contrôler toutes espèces de prédateurs, y compris les espèces végétales ou animales indésirables durant la production, l’entreposage, le transport, la distribution et la transformation des aliments, des produits agricoles, des matériaux ou des aliments pour animaux. Les pesticides recoupent aussi des antiparasitaires administrés aux animaux, des désinfectants ou des produits de protection des objets manufacturés.

⚠️ Dans la suite de ce dossier, on utilisera le terme « pesticides » pour parler des produits phytopharmaceutiques.

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Le marché mondial des pesticides est dominé par une poignée d’entreprises. Les quatre principales (Syngenta Group, Bayer, Corteva et BASF) en contrôlent environ 70 %. Le Brésil reste de loin le premier pays utilisateur (environ 800 000 tonnes), devant les États-Unis (environ 468 000 tonnes). La France est 10e de la liste et plus gros pays européen consommateur.

Pesticides en France : une grande histoire d’amour

En 2023, 65 600 tonnes de pesticides utilisés en agriculture ont été vendues, ce qui constitue une augmentation de près de 6% par rapport à l’année 2010. Les substances se répartissent entre celles dites « conventionnelles », à large dominance de synthèse, dont la diminution d’usage est recherchée, et celles utilisables en agriculture biologique (UAB), généralement moins nocives et persistantes.

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Le danger des pesticides

Le problème avec les pesticides, c’est qu’ils ont de graves conséquences sur la santé humaine et sur la santé des écosystèmes. L’agriculture industrielle, qui se fonde sur l’usage de pesticides, est l’une des principales responsables de l’effondrement de la biodiversité (voir le rapport des 10 ans de l’Observatoire National de la Biodiversité ou encore l’expertise scientifique collective INRAE-Ifremer).

Depuis 2008, les pouvoirs publics ont mis en place des plans Ecophyto, pour tenter de réduire leur utilisation. Mais malgré plus de 800 millions dépensés depuis 2009, l’usage de pesticides continue d’augmenter. Pour autant, les rendements agricoles stagnent, voire diminuent. C’est le constat que l’on peut faire en calculant la moyenne triennale (sur trois années, pour gommer les variations annuelles très dépendantes de la météo) des rendements pour plusieurs cultures (données Agreste, téléchargement 2025).

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Pesticides : quels impacts pour la santé ?

Cancers, perturbateurs endocriniens, polluants éternels : des effets de long terme

L’Organisation Mondiale de la Santé a classé un grand nombre de pesticides comme :

  • cancérogènes
  • mutagènes (toxiques pour l’ADN)
  • ou reprotoxiques (nocifs pour la fertilité)

Certains font également partie de la grande famille des perturbateurs endocriniens, dangereux pour la santé même à des niveaux d’exposition très faibles (voir l’article de FNE et de FNE Occitanie Pyrénées). D’autres appartiennent au groupe des PFAS, également appelé « polluants éternels » du fait de leur persistance dans l’environnement. Ils entrent dans la composition des produits pesticides en tant que substances actives ou adjuvants de par leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes ou résistantes aux fortes chaleurs. En France, 30 substances actives PFAS sont autorisées, et leurs ventes ont triplé depuis 2008 (2 332 tonnes vendues en 2021).

Derrière ces termes (pesticides, PFAS, perturbateurs endocriniens…) se cachent une myriade de maladies : maladie de Parkinson, cancers, malformations, infertilité…

Agriculteurs et riverains, en première ligne face aux pesticides

Les premiers touchés sont les agriculteurs et agricultrices qui manipulent et respirent ces produits, de l’entreposage à leur dispersion sur les parcelles. Même s’ils disposent d’équipements censés les protéger, ceux-ci sont souvent inadaptés, et pas forcément bien utilisés, comme le révélait un avis de l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire en 2016. Les effets secondaires des produits phytosanitaires sont de plus en plus reconnus par les autorités comme des maladies professionnelles en agriculture. Fait unique au monde, un fond spécifique leur est dédié.

L’institut National de la Santé Et de la Recherche Médicale (Inserm) a compilé en 2021 plus de 5 300 documents, et effectué des recherches complémentaires, pour établir les liens entre exposition aux pesticides pour différents types de populations et pathologies. Les résultats sont sans appel : les professionnels qui manipulent ou sont en contact régulier avec des pesticides ont une présomption forte d’un lien entre l’exposition aux pesticides et six pathologies : lymphomes non hodgkiniens, myélome multiple, cancer de la prostate, maladie de Parkinson, troubles cognitifs, bronchopneumopathie chronique obstructive et bronchite chronique.

Des liens ont été identifiés pour d’autres pathologies ou événements de santé avec une présomption moyenne. C’est le cas notamment pour la maladie d’Alzheimer, les troubles anxio-dépressifs, certains cancers (leucémies, système nerveux central, vessie, rein, sarcomes des tissus mous), l’asthme et les sifflements respiratoires, et les pathologies thyroïdiennes.

Les riverains sont très peu voire pas du tout informés des risques pour leur sécurité et leur santé. France Nature Environnement défend une meilleure information sur l’exposition des citoyen·nes, et  les dangers de l’exposition à ces substances, qu’elles soient respirées, mangées ou bues. Pourtant, connaître son exposition aux pesticides permettrait de mettre en place des mesures de prévention de risques sanitaires. Cette information pousserait les pouvoirs publics à agir pour réduire l’utilisation des pesticides et promouvoir les alternatives.

Nous avions lancé plusieurs recours pour contester certaines chartes départementales illégales car méconnaissant l’information du public, et ayant une incidence directe et significative sur la santé humaine et l’environnement (puisque ces chartes permettent d’abaisser les distances minimales à respecter pour les épandages de pesticides à proximité des habitations). Liens vers les articles qui évoquent les sujets des chartes et des zones de non-traitement :

France Nature Environnement défend le dialogue local, pour avancer ensemble vers des modèles plus durables et protecteurs de la santé globale. Nous avons conçu un kit de dialogue sur le sujet.

Notre kit pour renouer le dialogue sur les pesticides

Toujours d’après l’expertise collective de l’Inserm (2021), plusieurs études suggèrent un lien entre l’exposition des riverains des terres agricoles et la maladie de Parkinson. Un cas tristement emblématique et particulièrement scandaleux est celui du chlordécone aux Antilles, qui a durablement contaminé les sols et les eaux.

Cet insecticide, utilisé massivement dans la culture des bananes jusqu’en 1993, est impliqué de façon directe dans le développement du cancer de la prostate ; la Guadeloupe et la Martinique en détiennent le triste record du monde. La responsabilité de l’État a été reconnue en mars 2025 pour avoir autorisé ce produit et manqué d’évaluer la pollution et d’informer la population touchée.

Air, eau, sols, aliments, faune et flore : nous sommes toutes et tous exposés aux pesticides

Les produits phytopharmaceutiques sont partout dans notre quotidien. Malgré leur usage restreint aux parcelles agricoles et pour certains usages bien précis, ils voyagent dans l’air, l’eau, le sol et les organismes vivants, dont ceux que nous mangeons. On en retrouve dans les zones les plus reculées, comme l’Arctique. En 2018, une étude de l’observatoire AirParif relevait la présence de 30 pesticides dans l’air ambiant, dont 6 interdits, dans des sites urbains ou périurbains d’Île-de-France. 

Une campagne nationale exploratoire a permis de mesurer, sur 50 sites varier, la concentration pour 75 substances. 70 d’entre elles ont été détectées au moins une fois.

  • Certaines reviennent très fréquemment, comme le glyphosate, ou encore le pro-sulfocarbe, qui se distingue par des niveaux de concentration supérieurs aux autres molécules (et qui par ailleurs est utilisé en très grandes quantités, pose de gros problèmes de dérives et de ce fait contamine régulièrement les champs en bio, entraînant des déclassements pour les producteur·ices). Fait surprenant, la campagne de mesures ne met pas en évidence de différences significatives de niveaux de concentration entre zones rurales et urbaines.
  • D’autres sont très résistantes à la dégradation dans l’environnement, et persistent des décennies dans les milieux, s’accumulant dans les tissus des organismes, nous compris. À titre d’exemple, près de 40% des pesticides présents dans les eaux souterraines sont actuellement interdits (CGDD, 2019). En 2017, des pesticides sont retrouvés dans 80 % des masses d’eaux souterraines, avec environ un quart d’entre elles dépassant le seuil réglementaire. Parmi les près de 300 substances recensées, la moitié sont des herbicides et 40 % sont des substances actuellement interdites.

La contamination des eaux de surface est également généralisée avec, entre 2015 et 2017, 84 % des points de mesures dépassant au moins une fois le seuil de 0,1 μg/l pour la concentration de chaque pesticide pris isolément. Les dépassements réguliers concernent plus d’un quart des points de mesure nationaux.

25,3% de la population, soit près de 17 millions d’habitant.es, ont été alimentés au moins une fois par de l’eau non conforme pour les pesticides en 2023, dont près de 12 millions de personnes de façon prolongée.

Cette profusion de molécules et produits de dégradation produit un « effet cocktail ». Leur présence simultanée peut avoir des effets additionnels, synergiques ou antagonistes. Cet aspect n’est pas intégré à l’évaluation des molécules pour leur mise sur le marché, et très complexe à appréhender par la recherche.  

Les composés persistants longtemps dans l’environnement, se dissolvant peu dans l’eau et ainsi pénétrant plus facilement dans les graisses, et dotés d’une résistance aux systèmes de dégradation biologiques, sont les composés les plus susceptibles de se bioamplifier le long de la chaîne alimentaire.  

Mais ce n’est pas parce que les composés sont vite dégradés que l’organisme est exempt de tout danger. En effet certains métabolites peuvent être encore plus dangereux que le composé primaire…

L’effet des pesticides sur la faune et la flore : un déclin rapide

Les pesticides font partie des principaux responsables de l’érosion de la biodiversité :

Pour les plantes associées aux milieux agricoles cultivés (bleuets, coquelicots, etc.), les chiffres ne sont pas plus rassurants : 23% d’entre elles sont menacées de disparition, 3 espèces ont aujourd’hui disparu, et 25 autres ont disparu de la moitié des départements où elles étaient présentes avant 1970.

L’expertise scientifique collective menée par l’Inrae en 2022 conclut à des effets négatifs des pesticides sur tous les taxons et les écosystèmes terrestres et marins. C’est un cercle vicieux, car la baisse généralisée des espèces et les dysfonctionnements des écosystèmes entraînent une dépendance accrue aux pesticides, car l’agriculteur ne peut plus s’appuyer sur la régulation naturelle des ravageurs sur sa parcelle.

Les produits phytopharmaceutiques, et plus largement l’agriculture industrielle et la disparition d’espaces naturels, ont une responsabilité énorme dans cette hécatombe, de manière directe ou indirecte. Que la durée d’exposition soit courte ou prolongée, celle-ci aura un impact à long terme pour les eaux, les végétaux, le fonctionnement des écosystèmes et notre santé globale.

Des impacts tout au long des chaînes alimentaires

Un rapport de l’agence de l’EFSA a montré que les néonicotinoïdes augmentent la mortalité des abeilles ; il rejoint les conclusions de nombreuses études scientifiques. La Commission Européenne, sur la base des conclusions de l’EFSA, a interdit l’utilisation de plusieurs néonicotinoïdes, sauf sous serre. Les industriels produisant ces pesticides n’ayant pas souhaité obtenir le renouvellement de l’approbation, seul l’acétamipride reste approuvé au niveau européen. Dans le cadre de la proposition de loi sur les contraintes liées au métier d’agriculteur, les conditions d’utilisation de cette molécule en France pourraient être assouplies.

En savoir plus :

Les pesticides peuvent causer des pathologies, diminuer la fertilité, perturber le système immunitaire, le comportement… Plus simplement, ils peuvent faire disparaître les proies d’autres espèces, qui auront alors bien plus de mal à se nourrir.

Amphibiens, mammifères, oiseaux, poissons et reptiles : tous les acteurs de la chaîne alimentaire voient leur espérance de vie et leur état de santé se dégrader, dans les eaux comme sur les sols. Une surveillance accrue du niveau de risque sanitaire a été mise en place ces dernières années, mais les actions de biocontrôle ne suivent pas la cadence.

À date, tous les écosystèmes, du sol à l’eau en passant par les espaces naturels ou les terres cultivées, sont fragilisés. Mais alors, face à une telle liste d’effets secondaires, comment se fait-il que les pesticides soient encore vendus ?

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Pourquoi les pesticides ne sont pas interdits ?

Un système d’évaluation incomplet

Pour être mis en vente, les pesticides doivent obtenir une autorisation de mise sur le marché de différentes agences de biocontrôle au niveau européen et national.

  • Au niveau de l’Europe pour les substances actives,
  • puis de l’Europe et de l’État pour les produits commerciaux.

Pour établir ces autorisations, les autorités évaluent avant tout les différents risques sanitaires et alimentaires impliqués par les résidus chimiques pour les espèces non-ciblées par le pesticide (comme l’être humain). Ces évaluations jugent si le risque encouru est « acceptable », avec l’ambition que seules les molécules présentant plus d’avantages que d’inconvénients soient autorisées. Une évaluation est donc censée faire office de “garantie” attestant de la sécurité de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques testés.

Pour autant, l’étude complète des risques est très complexe, voire impossible. En effet, l’évaluation est faite en suivant des méthodes standardisées, qui ne peuvent pas reproduire les conditions réelles d’utilisation. 

La plupart des informations du dossier, dont l’évaluation des risques, sont fournies par les entreprises productrices de pesticides et leurs laboratoires affiliés, et ne sont pas publiées dans des revues de la littérature scientifique. Les industriels peuvent garder secrètes les études défavorables, elles ne sont pas tenues de publier les comptes-rendus complets des études de toxicité, et les méthodes d’évaluation sont élaborées par les industriels eux-mêmes.

Certaines méthodologies et tests sont dépassés et incomplets, et les conflits d’intérêts ne sont pas exclus. La littérature scientifique relue par les pairs est parfois écartée pour des motifs de non-conformité avec les lignes directrices conçues pour les études industrielles, et des preuves scientifiques d’effets nocifs sont régulièrement écartées pour des raisons opaques. De plus, l’évaluation est faite sur les risques liés à la substance active, et pas sur la totalité du produit, qui contient des coformulants et adjuvants. Et pourtant, parfois la substance active a peu d’effets sans ces adjuvants ! Il arrive même que ceux-ci ne soient pas dévoilés dans la composition finale des produits, raison invoquée : le secret industriel.

Par ailleurs, les substances qui composent les produits se dégradent dans l’environnement en métabolites, des molécules-filles parfois plus dangereuses que les molécules desquelles elles découlent. Ces cocktails de substances chimiques, qui peuvent interagir de manière additive ou synergique, ne sont pas testés, et il n’y pas de véritable suivi post-autorisation.

De par ces nombreuses failles, il est difficile de caractériser l’ensemble des atteintes à la biodiversité et aux écosystèmes, et les impacts sur notre alimentation et notre santé.

Retrait de la vente des pesticides : le parcours du combattant

Quand une étude vient alerter sur la nocivité d’une substance ou d’un produit disponible à la vente, le retrait n’est pas immédiat. De longues batailles d’expertises viennent retarder la décision politique et l’interdiction de consommation.

In fine, il revient aux États de décider de l’autorisation ou non des produits sur leur territoire et de restreindre les autorisations. Comme le prévoit le droit européen, ceux-ci portent la responsabilité, nationale, de prendre les mesures adéquates.

De nombreux autres combats sont menés pour retirer du marché les molécules dangereuses, à l’image de la mobilisation d’Eau et Rivières de Bretagne pour l’interdiction du S-métolachlore.

Ainsi, des années d’expertise, une forte mobilisation citoyenne et des actions devant la justice sont souvent nécessaires pour réussir à interdire les substances présentant les risques sanitaires et alimentaires les plus élevés, alors que des dizaines de nouveaux pesticides arrivent sur le marché chaque année. Mais alors, comment sortir de ce cercle vicieux ?

France Nature Environnement agit en justice dans un double but de renforcement de l’encadrement des produits phytopharmaceutiques et l’application des textes existants. L’association a sollicité, défendu et obtenu, notamment :

Stop aux pesticides près des habitations et des zones fragiles : FNE agit pour la santé et l’environnement

Habitations proches des épandages, eaux arrosées de pesticides, îlots de biodiversité sur lesquels il n’est pas interdit de répandre ces substances chimiques… Il existe bien des zones de tensions où la présence de pesticides est particulièrement préoccupante. France Nature Environnement mène campagne pour créer ou renforcer la protection des citoyennes et citoyens, mais aussi des espaces naturels fragiles.

Pour les experts, la bataille se nomme « ZNT » pour « Zones de Non Traitement aux pesticides » car c’est ainsi que le droit français a baptisé les aires sur lesquelles il est strictement interdit d’épandre des pesticides, généralement parce qu’elles sont trop proches d’un lieu sensible. Elles concernent généralement les cours d’eau et les habitations.

Pour nous soutenir dans ce combat, vous pouvez aussi agir à votre échelle. C’est grâce à la mobilisation de chacun que la France réduira son exposition aux risques sanitaires et réussira à sortir de sa dépendance aux pesticides.

Comment arrêter d’utiliser des pesticides ?

Une nécessaire transition des systèmes agroalimentaires vers l’agroécologie

Si France Nature Environnement milite régulièrement pour l’interdiction des pesticides les plus dangereux, notre fédération travaille également à un changement radical de pratiques de la part de l’ensemble des utilisateurs et utilisatrices. 

En matière d’agriculture, il est indispensable de passer d’un modèle agricole industriel à l’agroécologie. Issu de l’interaction entre l’agronomie et l’écologie, ce modèle agricole propose de s’appuyer sur la restauration des équilibres des écosystèmes pour obtenir des cultures plus résilientes. Plutôt que de tuer tous les insectes, elle vise par exemple à créer les conditions pour que les populations s’autorégulent. Il s’agit de recréer les conditions optimales de pousse des plantes et de vie des animaux. Comment ?

  • En restaurant de la diversité dans les cultures
  • En diminuant la taille des parcelles pour instaurer des couloirs de déplacement pour les animaux et insectes auxiliaires
  • En remettant les ruminants (vaches, chèvres, brebis) dans les prés pour pâturer
  • En préservant les prairies naturelles et la richesse de leur flore
  • En replantant des haies en bordure de champ et surtout des fossés et cours d’eau, voire des arbres dans les cultures (agroforesterie)

Les coopératives et industriels qui achètent les produits agricoles doivent évoluer, pour intégrer les produits issus de l’agroécologie, qui sont moins uniformes que ceux des systèmes industriels.

Les consommateurs doivent aussi manger différemment, plus de protéines végétales, plus de fibres, moins de sucre, pour permettre la révolution de l’agriculture française.

Et les distributeurs, les restaurateurs doivent faire évoluer leurs offres, leurs approvisionnements et les environnements alimentaires, pour favoriser l’achat des produits les plus durables et les meilleurs pour notre santé.

Chercheurs et chercheuses, industriels, coopératives, transformateurs, distributeurs, agriculteurs et agricultrices, pouvoirs publics, consommateurs… Cette transition nécessite l’implication de toutes sortes d’acteurs et d’actrices. Tous les maillons des filières doivent être mobilisés, pour faire évoluer leurs pratiques.

Contre un système alimentaire et agricole à deux vitesses (industriel vs. biologique, local vs. mondial), c’est la multiplicité des agricultures et l’adaptation de chaque production à son environnement local qui peuvent fournir des solutions résilientes et durables. Les politiques publiques doivent accompagner ces évolutions, et permettre à toute la population d’accéder à une alimentation saine et durable. À cela s’ajoute la surveillance et la protection des zones fragiles.

Découvrez nos 15 proposition pour une agriculture plus juste et plus durable en cliquant ici

Auprès des agriculteurs et des agricultrices, des pouvoirs publics, des citoyen∙nes ou encore des médias, France Nature Environnement se mobilise depuis des années pour porter et mettre en lumière les solutions permettant de se passer durablement des produits phytosanitaires.

Pour mettre fin à la dépendance de notre agriculture aux intrants en général et aux pesticides en particulier, nous souhaitons contribuer à la transition agroécologique, à la juste rémunération des services rendus par une agriculture plus vertueuse, à l’évolution de nos systèmes alimentaires. Pour notre santé et la sécurité de tous et toutes, notre environnement et à juste rémunération de celles et ceux qui nous nourrissent.

Et moi, comment je peux aider à sortir des pesticides ?

Contre les produits phytopharmaceutiques, tous les citoyen∙nes peuvent et doivent se mobiliser. Vous avez également votre rôle à jouer :